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Rubio promet de "restaurer" les liens avec la Colombie gouvernée à droite

Published on septembre 9, 2026 at 01:56

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio tient une conférence de presse lors d'une cérémonie de signature d'accords bilatéraux avec le président colombien Abelardo de la Espriella (hors-champ) à Barranquilla, en Colombie, le 8 septembre 2026 — Fernando Vergara / AFP
Le président colombien Abelardo de la Espriella donne une conférence de presse lors d'une cérémonie de signature d'accords bilatéraux avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio (hors-champ) à Barranquilla, en Colombie, le 8 septembre 2026 — Fernando Vergara / AFP
Le président colombien Abelardo de la Espriella (g.) et le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'étreignent lors d'une cérémonie de signature d'accords bilatéraux à Barranquilla, en Colombie, le 8 septembre 2026 — Fernando Vergara / AFP
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio tient une conférence de presse lors d'une cérémonie de signature d'accords bilatéraux avec le président colombien Abelardo de la Espriella (hors-champ) à Barranquilla, en Colombie, le 8 septembre 2026 —

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a promis mardi de resserrer les liens avec la Colombie après quatre années de gouvernement de gauche, au premier jour d'une mini-tournée en Amérique latine destinée à conforter l'influence de Washington dans la région. 

Ce déplacement en Colombie, avant l'Equateur et le Pérou, intervient après une série d'élections qui ont porté au pouvoir des dirigeants de droite favorables aux Etats-Unis, offrant à Washington l'occasion de resserrer les liens sécuritaires et économiques et de contrebalancer l'influence croissante de la Chine.

Alternant entre anglais et espagnol et s'exprimant après une entrevue avec le président Abelardo de la Espriella dans la ville caribéenne de Barranquilla (nord), le chef de la diplomatie américaine a promis de reconstruire les relations entre ces deux pays historiquement alliés, après la "distance" née sous le précédent gouvernement.

Abelardo de la Espriella, tenant d'une droite dure, a succédé en août à Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire de la Colombie avec lequel l'administration Trump a entretenu des relations notoirement difficiles.

Evoquant "quatre années de très mauvaise gestion", Marco Rubio a promis de "restaurer" les liens et d'amorcer une "coopération sans précédent" avec Bogota.

Le responsable américain a visiblement savouré ses retrouvailles avec le président colombien, qu'il connaît bien, vantant "l'énergie" et le "courage" du nouveau dirigeant, avant que l'avocat et riche homme d'affaires "perde la tête et n'entre en politique", a-t-il plaisanté.

Plus tôt dans la journée, il avait souligné depuis Miami que le virage à droite en Colombie comme dans d'autres pays latino-américains "s'inscrit dans une tendance que l'on observe dans l'hémisphère occidental, celle d'un alignement sur les Etats-Unis et les intérêts américains".

Les Etats-Unis et la Colombie ont également signé mardi des accords sur l'approvisionnement en minerais critiques et sur la coopération nucléaire civile.

Le dirigeant colombien a souligné que les deux pays reprenaient un partenariat historique "interrompu pendant quatre ans" et que Bogota ambitionnait de devenir le principal partenaire sécuritaire de Washington en Amérique du Sud.

Depuis son entrée en fonction début août, M. de la Espriella a renforcé la coopération militaire avec Washington et intensifié les opérations contre les groupes armés du pays impliqués dans le trafic de drogue.

M. Rubio a ensuite parlé devant la presse d'une "vibrante discussion" en cours avec Bogota à ce sujet promettant toute l'aide des Etats-Unis.

"Ils ont besoin de notre aide en termes d'équipements, de renseignement et de formations spécialisées", a-t-il dit tout en relevant que les Colombiens n'ont "pas demandé l'envoi de troupes au sol".

La Colombie a en outre récemment intégré le "Bouclier des Amériques", la coalition de pays dirigée par Donald Trump pour lutter contre le trafic de drogue dans la région.

Marco Rubio a annoncé dans une tribune que le Pérou avait fait de même. "Nous synchronisons nos efforts pour protéger notre hémisphère des menaces transnationales et régionales", s'est-il félicité.

M. Rubio a également assuré que Washington "était en discussion" pour assouplir les droits de douane visant la Colombie, à la demande de Bogota, afin d'aider ce pays dans la reconstruction après le séisme meurtrier du 10 août, sans toutefois faire d'annonce.

Depuis le retour du républicain à la Maison Blanche en janvier 2025, plusieurs pays d'Amérique latine - parmi lesquels l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l'Equateur et le Honduras - ont amorcé ou confirmé un virage conservateur.

Washington affiche clairement sa volonté d'hégémonie sur le continent sud-américain, au nom de la "doctrine Donroe", une contraction du prénom de l'actuel président américain et du nom de James Monroe, le cinquième président des Etats-Unis, qui avait, il y a plus de deux siècles, désigné l'Amérique latine comme étant la chasse gardée de son pays.

Cette tournée en Amérique latine survient par ailleurs quelques jours après que les Etats-Unis ont conclu, sept mois après la capture de Nicolas Maduro, un accord qui les verrait prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils dans les réserves de pétrole du Venezuela.

Ces réserves "étaient sous le contrôle de la Chine, de la Russie et de l'Iran", a affirmé M. Rubio, jugeant qu'elles "seront bien mieux entre les mains des Etats-Unis".

Après la Colombie, le secrétaire d'Etat américain se rendra en Equateur, dirigé par Daniel Noboa, un proche allié. Washington et Quito sont engagés dans des opérations contre des bateaux liés selon eux au groupe criminel Los Choneros, impliqué dans le trafic de drogue.

Dernière étape: le Pérou, qui est présidé depuis fin juillet par Keiko Fujimori, une femme de droite alignée sur la politique du président américain.

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