Olivier Faure, "à gauche toute" pour la primaire
Le patron du Parti socialiste Olivier Faure met un coup de barre à gauche dans ses propositions pour la primaire de la gauche social-démocrate, espérant se démarquer de son principal rival, Raphaël Glucksmann, considéré comme le favori.
Évalué autour de 5% dans les intentions de vote pour la présidentielle, loin des 10 à 14% de l'eurodéputé de Place publique, Olivier Faure, en minorité dans son propre parti, n'a que peu de temps pour s'imposer dans cette primaire prévue les 9-10 et 16-17 octobre.
Accusé par le camp Glucksmann de vouloir "délégitimer" la primaire, le chef des socialistes répond en mettant en avant ses propositions très ancrées à gauche dans son livre-programme, "La loi du plus juste", publié jeudi aux Éditions Robert Laffont.
"L'heure est venue de faire entendre mes combats", a martelé dans le Nouvel Obs celui qui veut être "la surprise" de ce scrutin, où il sera aussi opposé à l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, au patron de la Gauche socialiste et républicaine Emmanuel Maurel et au député PS Jérôme Guedj.
Olivier Faure, qui défend depuis son arrivée à la tête du PS le rassemblement de la gauche, espère attirer à lui les militants les plus unitaires du parti, face à Raphaël Glucksmann soupçonné de vouloir se tourner vers le centre-droit et qui s'est construit sur une ligne anti-Mélenchon.
Au-delà de la primaire, le patron du PS, qui refuse de rejouer les gauches irréconciliables, et avait fait alliance avec LFI en 2022 et 2024 avant de prendre ses distances, espère aussi s'attirer les faveurs des électeurs de gauche, et notamment les écologistes, qu'il souhaitait voir participer à la primaire.
Il a rappelé sur franceinfo jeudi matin que pour pouvoir mettre en place un programme de gauche et de transformation écologique, "il faut l'asseoir sur une majorité", soulignant les convergences à l'Assemblée entre les votes Insoumis, socialistes, écologistes et communistes.
Mais, il ne s'agit pas selon lui de faire alliance pour la présidentielle avec Mélenchon, ni de gouverner avec LFI, insiste-t-il en naviguant sur une ligne de crête. Il juge notamment "inexcusables" "les dérapages successifs et la responsabilité personnelle" du leader insoumis sur l'antisémitisme.
Raphaël Glucksmann, lui, a déjà affirmé qu'il ne ferait jamais d'accord avec LFI.
Parmi les mesures qu'il défend, Olivier Faure veut notamment instaurer un smic à 1.700 euros et convoquer une conférence salariale "où l'Etat conditionnera ses aides aux entreprises à l'augmentation des salaires".
Autre mesure phare: dès qu'un euro de dividende est versé aux actionnaires, que l'équivalent soit versé aux salariés, sous forme de participation, d'intéressement ou de salaire.
"La gauche ne devient de gouvernement que lorsqu'elle s'assume de gauche", justifie le député de Seine-et-Marne.
Et il insiste: "Sans affirmation de notre volonté de transformation sociale et écologiste, nous ne sommes plus perçus que comme des sociaux-libéraux, simple variante du macronisme".
Fervent défenseur du modèle social français, Olivier Faure prône notamment de faire cotiser l'IA pour financer les retraites et la protection sociale, et refuse toute baisse des cotisations sociales, que défendent certains socialistes.
Il entend également revenir à la retraite à 62 ans - "Aucun candidat se revendiquant des socialistes ne saurait s’en éloigner", prévient-il.
Le patron des socialistes, qui se définit comme social-écologiste, propose aussi de mettre en place une "règle d'or verte": que "plus aucun budget, plus aucun investissement ou aide publique ne se réalise en dehors des objectifs de protection de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique".
Il veut d'ailleurs faire de la transition écologique un des trois grands défis industriels que la France doit porter, avec "la souveraineté alimentaire" et "la souveraineté numérique".
En matière d'immigration, le député, dont la mère est Vietnamienne, plaide aussi pour une régularisation massive de travailleurs en situation irrégulière en France, affirmant que le chiffre de 500.000 régularisations, "ne (le) choque pas".
M. Faure, qui propose une commission "vérité et réconciliation" sur la colonisation et affirme qu'il existe "un racisme structurel au sein des forces de police", ose aussi utiliser franchement le terme d'islamophobie, que certains refusent d'employer au PS.
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