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Macron à Londres: visite royale, tapisserie de Bayeux et première rencontre avec Andy Burnham

Published on septembre 2, 2026 at 18:37

La tapisserie de Bayeux lors de son installation au British Museum à Londres, le 17 juillet 2026 — Toby Shepheard / AFP
Le Premier ministre britannique Andy Burnham, le 22 juillet 2026 à Bath, dans l'ouest de l'Angleterre — Toby Melville / AFP
Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten (d) et le président français Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse sur le campus Brainport Industries à Eindhoven, aux Pays-Bas, le 2 septembre 2026 — NICOLAS TUCAT / AFP
La tapisserie de Bayeux lors de son installation au British Museum à Londres, le 17 juillet 2026 — Toby Shepheard / AFP

Une rencontre avec le roi Charles III et un début de dialogue avec le nouveau Premier ministre: Emmanuel Macron est arrivé mercredi à Londres pour visiter l'exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum, et faire la connaissance d'Andy Burnham afin de consolider le rapprochement franco-britannique.

Accompagné de son épouse Brigitte Macron, le président français s'est d'abord rendu chez le roi Charles III et la reine Camilla, pour une visite loin des caméras, dans leur résidence londonienne de Clarence House.

Les deux couples doivent ensuite aller ensemble au British Museum, pour visiter en avant-première l'exposition de cette oeuvre du XIe siècle illustrant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie. Ils y seront accueillis par le Premier ministre et son épouse Marie-France van Heel.

Emmanuel Macron avait personnellement décidé de prêter la tapisserie pour un an lors de sa visite d'Etat au Royaume-Uni en juillet 2025, afin de "revivifier la relation culturelle" et marquer "la confiance" actuelle entre Paris et Londres.

Andy Burnham a salué d'avance "un moment majeur dans l'histoire" des deux pays. "Alors que nous célébrons notre patrimoine commun, le président Macron et moi-même continuerons à renforcer les liens entre nos deux nations", a-t-il indiqué dans un communiqué.

La tapisserie est parvenue le 10 juillet au British Museum, malgré les objections de certains experts et défenseurs du patrimoine en France, qui redoutaient une dégradation irréversible. La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, s'est réjouie mi-juillet, à Londres, d'y voir ce joyau millénaire "en très bon état".

L'exposition dans le prestigieux musée londonien, qui montre l'oeuvre longue de 70 mètres pour la première fois à plat et d'un seul tenant, ouvrira ses portes au public le 10 septembre jusqu'au 11 juillet 2027. Lorsqu'elle reviendra à Bayeux en Normandie (ouest), Emmanuel Macron ne sera plus président.

C'est donc un dirigeant en fin de règne qui rencontrera à Londres un Premier ministre britannique fraîchement installé. Après la visite de l'exposition mercredi, ils se retrouveront jeudi pour un entretien et un déjeuner à Downing Street.

Andy Burnham a remplacé mi-juillet Keir Starmer, travailliste comme lui. Le président français est le deuxième dirigeant étranger qu'il reçoit après l'Ukrainien Volodomyr Zelensky fin juillet.

Après des années de relations franco-britanniques en dents de scie, le duo Macron-Starmer affichait une certaine complicité, sur le soutien à l'Ukraine comme sur la recherche de solutions pour rouvrir le détroit d'Ormuz, bloqué par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.

La complicité sera-t-elle renouvelée avec Andy Burnham, qui s'est concentré jusqu'ici sur les questions intérieures?

La lutte contre les traversées de la Manche par des migrants sur de petites embarcations reste un sujet central pour Londres.

"Le prêt de la tapisserie est un bel exemple de coopération franco-britannique, cette même coopération qui nous a permis de ramener le nombre de traversées de petits bateaux à son plus bas niveau depuis sept ans", a déclaré mercredi Andy Burnham devant le Parlement.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord avec la France, renouvelé pour trois ans en avril.

Les discussions entre les deux dirigeants devraient aussi porter sur l'Ukraine et le Moyen-Orient, et sur la coopération en matière de défense, alors qu'Emmanuel Macron plaide pour renforcer le "pilier européen" de l'Otan face à un engagement américain de plus en plus incertain.

Les deux parties disent également vouloir "poursuivre le rapprochement avec l'Union européenne" engagé par Keir Starmer, dix ans après le Brexit.

"On peut s'attendre à pas mal de tapes dans le dos", d'autant qu'Andy Burnham voudra "s'inscrire dans la continuité de Starmer" qui a amélioré les relations "avec les grands dirigeants de l'UE", a indiqué à l'AFP Anand Menon, politiste au King's College de Londres.

Mais si les deux pays collaborent bien "de façon bilatérale", le "vrai enjeu" britannique est de se "rapprocher de l'UE, et nous savons tous que l'un des grands obstacles, c'est la fermeté des Français", notamment sur l'agriculture, a-t-il ajouté.

Alors que la date du prochain sommet UE/Royaume-Uni reste incertaine, l'Elysée a déjà prévenu: si la France veut aller "aussi loin que possible" dans ce "rapprochement", les Britanniques sont sortis de l'UE et il est exclu qu'ils puissent choisir les politiques qui les arrangent.

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