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Energie, produits frais : en France, l'inflation grève le pouvoir d'achat des plus précaires

Published on septembre 16, 2026 at 12:38

L'inflation grève le pouvoir d'achat des plus précaires — Ludovic MARIN / AFP
Cet été, ce sont les canicules et sécheresses qui ont durement touché les récoltes, entraînant une forte hausse des prix des produits frais à la rentrée — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Il devrait prendre fin l'année prochaine, assurait mardi la Banque de France, grâce à un "rattrapage" des salaires et une inflation plus faible — Behrouz MEHRI / AFP
L'inflation grève le pouvoir d'achat des plus précaires — Ludovic MARIN / AFP

Des prix de l'énergie qui bondissent de 16%, des produits frais comme les tomates, courgettes et salades qui décollent de 20% : derrière une inflation globale de 2,4% sur un an en août en France, se cachent certaines hausses de prix spectaculaires qui pénalisent les revenus modestes.

"On paie notre plein 90 euros. En début d’année, c'était 60. Et à la campagne, un plein, c'est récurrent", explique à l'AFP Pierre Pupier, 29 ans, boucher intérimaire dans le Puy-de-Dôme, dont le budget mensuel s'est "pris bien 100 euros dans la gueule depuis (début) septembre", à cause de l'inflation.

Ce jeune père liste "les fournitures pour bébé", le lait pour sa fille "passé de 15,60 à 19 euros", l'assurance pour la voiture, de "82 à 96 euros", les "fruits et légumes" : "C'est une somme de petites choses, mais sur des petits salaires, c'est ça qui t'assassine", résume-t-il.

Depuis le début de la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, les prix du carburant ont fortement augmenté, frôlant des sommets inédits depuis quatre ans. 

Cet été, ce sont les canicules et sécheresses qui ont durement touché les récoltes, entraînant une forte hausse des prix des produits frais à la rentrée.

Ana Esteves, 67 ans, qui cumulait les emplois de gardienne d'immeuble et d'aide-soignante avant de prendre sa retraite il y a moins de deux ans, l'observe sur son marché de Courbevoie, à côté de Paris : "Dimanche, les prix étaient exorbitants. Tellement que je n'ai pas pris les tomates, à presque 7 euros le kilo, contre 4 à 5 euros d'habitude".

Elle utilise sa voiture pour emmener ses petits-enfants à l’école. "La station Total bloque les prix", relate-t-elle, "mais il n'y a jamais d'essence, ou alors une queue énorme".

D'après l'Insee, les salaires réels, corrigés de l'inflation, resteront cette année en deçà de leur niveau de 2021. Et le "pouvoir d'achat du revenu disponible brut" des ménages va se contracter (-0,4%).

Un repli moins fort que celui subi en 2022, mais dont l'effet est "amplifié" par l'absence de "mesures générales d'atténuation" de l'inflation, note encore l'Insee. 

Or cette baisse n'est pas uniforme selon le niveau de revenus.

Mardi, le chef économiste de la Banque de France, Xavier Debrun, parlait "d'effets différenciés" de l'inflation : l'énergie et l'alimentaire prennent une part plus importante dans "le panier de consommation" des catégories de revenus les plus faibles.

Une analyse confirmée par plusieurs études économiques. En 2022, le chercheur hongrois Bálint Menyhért montrait que les ménages modestes de l'UE pouvaient consacrer jusqu'à deux fois plus de leur budget à l'alimentation et à l'énergie que les ménages plus aisés.

Ce "choc inflationniste" est le troisième en quelques années, après la sortie du Covid et le début de la guerre en Ukraine.

Il devrait prendre fin l'année prochaine, assurait mardi la Banque de France, grâce à un "rattrapage" des salaires et une inflation plus faible. 

Ces prévisions restent cependant suspendues à une détente au Moyen-Orient.

En attendant, à l'aube de la présidentielle, plusieurs personnalités, à gauche comme à droite, brandissent le pouvoir d'achat comme un marqueur. Certains comme le communiste Fabien Roussel ou des responsables de La France Insoumise appellent à la "mobilisation", d'autres, dont beaucoup à droite et au centre, proposent de "rapprocher le net du brut", c'est-à-dire d'augmenter le salaire net en baissant les cotisations sociales, à l'instar de Gabriel Attal.

"Ils veulent récupérer des voix", déplore Pierre Pupier, qui constate qu'il n'a "plus moyen de vivre" comme ses parents "à l'époque". "Ils gagnaient comme moi. Quand ma mère m'a eu, elle a pris trois ans (de pause). Aujourd'hui, vivre sur un seul salaire, c'est impossible". Et face à ce sentiment de déclassement générationnel, les "politiques ne proposent rien".

Ana Esteves n'a pas non plus "l'espoir que les choses changent" grâce aux politiques.

A 67 ans, elle renvoie à la "promesse de la retraite" pour laquelle elle se sent trahie : "Je suis en train de réfléchir à reprendre un travail, aider une personne âgée", pour "avoir un complément de revenus".

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