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Florence Chatellain

Florence Chatellain

Canada : la lutte de trappeurs amérindiens pour sauver une forêt boreale

Illustration de Florence Chatellain

Par Clément SABOURIN

Après avoir serpenté au milieu d’hectares de coupes claires, la route forestière est entravée par un large panneau: «Le chemin de la destruction s’arrête ici». Au delà, les trappeurs amérindiens luttent pour défendre l’une des deux dernières forêts boréales intactes du Québec.

Six kilomètres plus au nord coule la rivière Broadback, encore endormie sous des épaisseurs de glace et de neige en ce mois de mars où la température flirte avec les -40 degrés Celsius. Tout autour, à perte de vue, les forêts de conifères sont aussi anciennes qu’impénétrables.

A la lisière de la taïga, la Vallée de Broadback constitue plus que le refuge de nombre d’animaux nordiques en voie d’extinction tel que le caribou forestier. C’est l’ultime territoire de chasse ancestral inviolé de la nation Crie, dernier confetti d’un empire de lacs, forêts et rivières, au sud-est de la Baie d’Hudson (800 km au Nord de Montréal), où ce peuple autochtone de 16.000 âmes régnait en maître jusqu’aux années 1970.

[...]

Hivers moins longs qu’auparavant, disparition des caribous forestier sous l’effet des coupes claires et prolifération des loups qui remontent au Sud grâce aux nouvelles routes forestières, cette nation autochtone craint d’assister au crépuscule de son monde de vie traditionnel.

Rassemblés autour de poêles à bois où mijote de la viande d’orignal, les aînés sont unanimes: l’eau, la viande et le poisson n’ont plus le même goût depuis l’arrivée des bûcherons. «Triste», Alice Happyjack le répète, «la nourriture n’a plus la même énergie qu’avant».

Les yeux fatigués, s’exprimant lentement en cri, Joseph Neeposh, qui a vécu toute sa vie en forêt, avertit qu’ «il existe une connexion spirituelle entre les Amérindiens et la terre. Détruire la forêt, c’est aussi détruire cette connexion».

 

Le mot de Florence Chatellain :

"J'ai toujours admiré le mode de vie des populations amérindiennes, vivant des bienfaits de la nature tout en gardant un profond respect pour elle. Mais cette sagesse disparait comme autant d'arbres millénaires... C'est pourquoi je tenais à rendre hommage au combat de ceux qui croient encore que sans nos racines, nos branches ne pousseront pas plus haut."


En savoir plus sur l'illustratrice :

Dessiner, c'est une passion. Mais plus encore que la beauté du trait, ce que j'aime, c'est raconter des histoires.
Alors après mon bac, j'ai dû quitter les rives de mon Léman natal pour venir apprendre à les raconter mieux encore, mes petites histoires. Et avec des crayons, de l'eau, de l'encre, ou même un ordinateur, dessiner reste toujours un bonheur!
Site : http://florencechatellain-illustration.fr/

 

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