Nice: Estrosi visé par une enquête pour détournement de fonds
Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour détournement de fonds publics contre l'ancien maire Christian Estrosi, à la suite d'un signalement de son successeur Eric Ciotti sur l'absence de justificatifs pour une partie de ses notes de frais.
Le signalement au titre de l'article 40 sur les frais de représentation du maire Horizons a été transmis fin juillet et l'enquête ouverte fin août, a précisé mercredi le procureur de la République, Damien Martinelli, confirmant une information du quotidien Nice Matin.
L'affaire avait déjà fait l'objet d'une plainte de l'association Transparence citoyenne, qui avait relevé plus de 312.000 euros de frais de représentation remboursés sans justificatif au profit de M. Estrosi entre 2016 et 2025.
Peu après son arrivée à la mairie en mars sous la bannière UDR-RN, après trois mandats de M. Estrosi, M. Ciotti avait sommé son rival de fournir les justificatifs, avant d'envoyer un signalement au parquet.
Contacté par l'AFP, l'avocat de M. Estrosi, Me Matthieu Avril, a dénoncé "un contexte d'acharnement et de mises en cause répétées" de la part de M. Ciotti.
Tout en refusant de commenter la procédure en cours, expliquant que l'ancien maire n'en avait pas été informé, l'avocat a assuré que M. Estrosi avait toujours fait attention "à la bonne utilisation des deniers publics".
"L'attribution des frais de représentation des élus locaux est encadrée par les dispositions du Code général des collectivités territoriales", a rappelé Me Avril, assurant que même s'il n'y était pas tenu, M. Estrosi avait "régulièrement reversé à la métropole la part non utilisée de l'enveloppe qui lui était allouée".
Interrogé l'an dernier sur ses frais de représentation, M. Estrosi avait assuré qu'il s'agissait exclusivement de repas avec des investisseurs, des personnalités du monde de l'économie ou de la culture, pour faire avancer les dossiers de la ville et de la métropole.
M. Estrosi fait déjà l'objet de plusieurs enquêtes, même s'il n'a pas été mis en examen.
La gestion de la reconstruction après la tempête Alex en 2020 est mise en question, et il a le statut de témoin assisté dans l'enquête sur la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir de l'attentat au camion bélier qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016.
Il a également été placé en garde à vue au début de l'été 2025 dans une enquête sur l'organisation de plusieurs événements à Nice et la gestion des GP de Formule 1 du Castellet (Var) entre 2018 et 2022, dont il présidait le Groupement d'intérêt public. L'ex-maire de Nice fait l'objet d'une enquête pour favoritisme et détournement de fonds.
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