Culture

Jesse Eisenberg met son intensité émotionnelle au service de "The Debut"

Published on September 14, 2026 at 21:37

Jesse Eisenberg signe des autographes au Karlovy Vary International Film Festival, en République Tchèque, le 3 juillet 2026 — Michal Cizek / AFP
Jesse Eisenberg signe des autographes au Karlovy Vary International Film Festival, en République Tchèque, le 3 juillet 2026 — Michal Cizek / AFP

Pour le réalisateur et acteur américain Jesse Eisenberg, la vie suit le rythme d'une comédie musicale, ce qui fait de son nouveau film "The Debut" un exutoire naturel pour son intensité.

"Les émotions extrêmes et les comédies musicales me semblent être la bonne façon de se comporter, car tout le monde est mélodramatique", a déclaré M. Eisenberg aux journalistes lundi lors du Festival international du film de Toronto, au Canada. "Mon monologue intérieur est une comédie musicale."

Avec Julianne Moore et Paul Giamatti à l'affiche, "The Debut" suit Mona, une femme au foyer négligée par sa famille, qui, bien qu'elle n'ait aucune expérience d'actrice, passe une audition pour un rôle dans une pièce de théâtre, et l'emporte.

À partir de là, sous la direction de Jerry (Paul Giamatti), Mona se détache peu à peu de la réalité et se plonge dans la pièce, se perdant dans un rôle qui la place enfin sous les feux de la rampe.

"C'est l'histoire d'une actrice qui traverse, en quelque sorte, une crise existentielle", a expliqué M. Eisenberg.

Le cinéaste, qui a également écrit le scénario, souhaitait raconter cette histoire de manière onirique, en transmettant les sentiments du personnage plutôt que ses actions.

Il s'est inspiré, sur le plan technique, de "The Double", thriller de 2013 dans lequel il tenait le rôle principal sous la direction de Richard Ayoade.

"Richard est un véritable cinéphile, et lui et le directeur de la photographie faisaient des choses tellement intéressantes, au niveau de l'éclairage, inspirées de l'expressionnisme allemand", a expliqué M. Eisenberg, faisant référence à un style lancé dans les années 1920 et connu pour ses ombres dramatiques, ses images déformées et son atmosphère onirique.

Ils avaient le souci "de petits détails qui ont pour but de choquer" et "de créer une sorte de sentiment de malaise", a-t-il ajouté.

Nominé aux Oscars pour son scénario du film "A Real Pain" (2024), Jesse Eisenberg a écrit "The Debut" avec Julianne Moore en tête.

"Il n'y a personne d'autre sur cette planète, à aucune époque, dans aucune langue, capable de faire ce genre de chose", a-t-il estimé.

Mme Moore lui a rendu la pareille, qualifiant son histoire d'exceptionnelle.

"On n'a jamais d'occasions comme celle-ci" a déclaré l'actrice oscarisée de 65 ans. "C'est vraiment un texte exquis."

Lors de la projection du film dimanche au festival de Toronto, Mme Moore a fait l'éloge de son partenaire à l'écran, Paul Giamatti, pour avoir incarné avec brio le réalisateur qui, en essayant de faire ressortir ce dont il a besoin chez l'actrice en herbe, développe avec elle une relation oscillant entre conflit et camaraderie.

"Je n'aurais pas pu rêver d'un meilleur partenaire que Paul. Nous avons passé un moment formidable ensemble", a-t-elle estimé, après que le public ait réservé une ovation debout au film.

Le long-métrage a été présenté en avant-première au Festival du film de Telluride, dans le Colorado, au début du mois.

"Le scénario qu'il avait écrit était si clair que tout ce que nous avions à faire, tout ce que j'avais à faire, c'était simplement de faire avancer les choses et de nous renvoyer la balle," a déclaré M. Giamatti.

"Mais rien que de la voir se déchaîner, c'était tellement amusant", a ajouté l'acteur. "C'était tout simplement génial."

Le festival de Toronto s'achève dimanche 20 septembre.

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