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Les Houthis du Yémen s'emparent du stratégique détroit de Bab el-Mandeb

Published on September 11, 2026 at 21:35

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, à Sanaa, le 2 mai 2025 au Yémen — Mohammed HUWAIS / AFP
Des partisans des autorités houthies défilent lors d’un rassemblement visant à recruter de nouveaux combattants, le 10 septembre 2026 à Sanaa, au Yémen — Mohammed HUWAIS / AFP
Photo diffusée le 10 septembre 2026 par le centre médiatique d'Ansarullah, montrant ce que les autorités houthies présentent comme les débris d'un drone de combat saoudien de type Karayel, abattu au-dessus d'une zone du gouvernorat de Hajjah, au Yémen — - / AFP
Carte du Yémen et du détroit de Bab el-Mandeb situant l'île de Mayyoun, le port de Mokha, le port d'Aden et la ville saoudienne d'Abha — Paz PIZARRO, Sylvie HUSSON, Sabrina BLANCHARD / AFP
Image satellite prise et diffusée par Planet Labs PBC, le 11 septembre 2026, montrant une infrastructure endommagée par un incendie au sud-est de Médine, le long du tracé général de l'oléoduc Est-Ouest (Petroline) de l'Arabie saoudite — Handout / AFP
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, à Sanaa, le 2 mai 2025 au Yémen — Mohammed HUWAIS / AFP

Les Houthis pro-iraniens ont pris le contrôle vendredi de la côte yéménite sur la mer Rouge et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, au terme d'une offensive éclair qui consolide leur emprise sur ce passage stratégique reliant l'Europe à l'Asie.

Dans un développement salué par Téhéran, ces combattants, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa et Hodeida (ouest), ont avancé vers le sud en quelques jours à peine.

"Tout ce qui était sous notre contrôle sur la côte occidentale est tombé", a indiqué à l'AFP un responsable militaire du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par Ryad.

L'Arabie saoudite voisine, premier exportateur mondial de brut, se retrouve prise en étau, alors que le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Ses infrastructures pétrolières ont aussi été la cible cette semaine d'une vaste attaque de drones et de missiles des Houthis, qui a contraint le royaume à fermer temporairement son oléoduc Est-Ouest, utilisé pour contourner Ormuz.

Signe de la fébrilité des marchés, après six mois d'une guerre régionale qui ébranle l'économie mondiale, les cours du pétrole ont franchi le seuil symbolique des 100 dollars, le baril de Brent, référence internationale, évoluant vendredi autour de 104 dollars.

Mais les Houthis ont cherché à rassurer la communauté internationale: "la navigation est sûre pour toutes les compagnies à l'exception des navires saoudiens, qui ont déjà été interdits d'accès", a déclaré le porte-parole militaire du mouvement, Yahya Saree.

Les pétroliers et navires commerciaux empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rallier la mer Rouge puis le canal de Suez et la Méditerranée, et en sens inverse vers l'océan Indien.

En cas de blocage, la seule alternative, beaucoup plus longue et coûteuse, est de contourner l'Afrique par le sud et le cap de Bonne-Espérance.

Les Houthis, qui avaient entamé leur offensive la semaine dernière, se sont emparés jeudi du port de Mokha et de l'île de Zugar, avant la conquête décisive de celle de Mayyoun (connue aussi sous le nom de Périm), située au coeur du détroit, et enfin des deux dernières îles du couloir maritime, la Grande et la Petite Hanish, d'après des sources gouvernementales.

Pour tenter de reprendre les territoires perdus, l'Arabie saoudite a mené des frappes sur l'aéroport de Mokha, selon la chaîne de télévision Almasira, affiliée aux Houthis.

Les forces armées gouvernementales ont aussi annoncé des raids, appelant les civils à éviter certaines routes.

Alors que les chefs de la diplomatie iranienne et saoudienne se sont entretenus jeudi de la situation dans la région, un conseiller du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a qualifié vendredi de "victoire éclatante" la dernière percée des Houthis.

Abdulhamid Dhaifallah, un de leurs partisans qui vit à Sanaa, a lui aussi salué des "succès majeurs, qui ont permis de libérer les îles de la mer Rouge en l'espace de 72 heures". "Ils se préparaient à ce front depuis quatre ans", a-t-il souligné.

Après des années d'accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.

Les Houthis avaient annoncé dans la foulée un blocus maritime de l'Arabie saoudite, visant des navires pétroliers.

Les affrontements au Yémen depuis la semaine dernière ont fait des centaines de morts dans les deux camps, principalement des combattants, et jeté sur les routes près de 46.000 personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations.

"Je pense que les Saoudiens ont tout essayé pour éviter cette guerre, mais je ne pense pas qu'ils aient encore le choix à ce stade", a commenté Farea Al-Muslimi, chercheur associé au sein du centre de réflexion Chatham House.

Selon le média américain Axios, citant des responsables américains, le président américain Donald Trump a refusé d'ordonner des frappes contre les Houthis, comme lui avait demandé Ryad.

La situation au Yémen a fait l'objet d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi. L'envoyé spécial pour le Yémen, Hans Grundberg, a réclamé un "engagement actif" de cette instance "pour s'éloigner de ce qui pourrait être le précipice vers un conflit bien plus dangereux".

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