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Ukraine : les émissaires de Trump à Moscou pour des négociations

Published on September 5, 2026 at 14:47

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff (g) et Jared Kushner, le 6 janvier 2026 à Paris — Ludovic MARIN / AFP
Des équipes de secours sur le site d'un incendie après une attaque de drone contre le siège des Services de sécurité ukrainiens (SBU), le 4 septembre 2026 à Kiev, en Ukraine — Maryke VERMAAK / AFP
Photo diffusée par le service de presse de la présidence ukrainienne, le 4 septembre 2026, montrant le président ukrainien Volodymyr Zelensky (g) lors d'une réunion avec le chef du Service sécurité de l'Ukraine (SBU), Oleksandre Poklad (d), à Kiev — Handout / AFP
Des secouristes sur le site d'un immeuble résidentiel endommagé par une frappe russe à Kiev, le 3 septembre 2026 en Ukraine — Vladyslav Musiienko / AFP
Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff (g) et Jared Kushner, le 6 janvier 2026 à Paris — Ludovic MARIN / AFP

Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, sont arrivés samedi à Moscou, porteurs selon le président américain d'une proposition pour mettre fin à la guerre en Ukraine, dont l'issue semble toujours aussi lointaine.

Pour la première fois depuis le début de leur travail de médiateur dans ce conflit, MM. Kushner et Witkoff doivent ensuite se rendre à Kiev. Mais les deux aéroports de la capitale ukrainienne ont été frappés par des bombardements russes dans la nuit de vendredi à samedi, selon le président Volodymyr Zelensky qui y a vu la volonté du Kremlin de perturber leur visite.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a néanmoins affirmé samedi que Vladimir Poutine avait ordonné une cessation des frappes pour trois jours sur la capitale ukrainienne, le temps de ces contacts avec les Américains.

M. Peskov a confirmé que le président russe recevra samedi ses deux hôtes. "En règle générale, ces échanges ont été assez longs par le passé. Attendons de voir. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des résultats", a-t-il indiqué à la presse.

La veille, le président ukrainien avait affirmé que Kiev ne bombarderait pas la Russie pendant ces négociations et avait demandé à la Russie d'"assurer réciproquement un cessez-le-feu" pendant "la durée nécessaire à la conduite" des pourparlers.

MM. Kushner et Witkoff sont arrivés peu avant 13H00 (10H00 GMT) à l'aéroport moscovite de Vnoukovo, où ils ont été accueillis par l'émissaire russe pour les questions économiques, Kirill Dmitriev.

Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, M. Trump a amorcé plusieurs cycles de pourparlers pour tenter de trouver une issue au conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, mais ces tentatives n'ont jusqu'à présent mené à aucune avancée tangible.

Le dirigeant américain n'a pas précisé si la proposition dont ses émissaires sont porteurs impliquait une cession de territoire de la part de l'Ukraine, comme il l'avait laissé entendre auparavant, mais il a déclaré : "Nous avons une idée pour la paix."

Il a par ailleurs attribué la guerre, qui a débuté avec le lancement d'une offensive russe à grande échelle contre l'Ukraine en février 2022, à un "problème de personnalité" entre MM. Zelensky et Poutine.

Le déplacement, événement rare, du directeur de la CIA, John Ratcliffe, la semaine dernière à Moscou, avait suscité de nombreuses spéculations. Selon le Kremlin, il a rencontré les services de renseignements russes. Le président des Etats-Unis a qualifié ce déplacement de "semi-routine".

Selon M. Zelensky, il a été envisagé que MM. Kushner et Witkoff viennent à Kiev en avion, ce qui serait exceptionnel car l'espace aérien et les aéroports ukrainiens sont fermés depuis le début de l'attaque russe à grande échelle, le 24 février 2022.

Les responsables visitant l'Ukraine s'y rendent généralement en train depuis des pays tiers, ce qui implique des trajets bien plus longs.

Mais des bombardements russes "démonstratifs" ont touché dans la nuit les deux aéroports de la capitale ukrainienne, a dénoncé Volodymyr Zelensky, qui n'a pas précisé l'ampleur des dégâts occasionnés.

"Il est clair que ces frappes russes sur les aéroports constituent une réaction aux discussions et aux préparatifs concernant l'éventualité d'un déplacement de la partie américaine en Ukraine par voie aérienne et d'un atterrissage aux aéroports de Kiev ou de Boryspil", a-t-il déploré.

Aux premières heures de samedi, une attaque russe contre la ville de Kamianske, dans le centre-est de l'Ukraine, a également fait au moins cinq morts et cinq blessés, selon les autorités régionales.

Vendredi, une frappe spectaculaire de drone russe a aussi visé en plein centre historique de Kiev le siège des services de sécurité ukrainiens (SBU).

Quinze personnes ont été blessées, a indiqué l'administration militaire de la capitale, sans préciser si elles se trouvaient dans le bâtiment visé.

"Le drone visait directement le bureau du chef du service de sécurité", Oleksandre Poklad, a affirmé le président ukrainien.

Moscou a multiplié ces dernières semaines ses frappes de drones et missiles de jour comme de nuit sur Kiev et d'autres villes du pays, où les alertes aériennes se succèdent à un rythme de plus en plus rapproché. 

Cet été, l'armée ukrainienne a également intensifié ses bombardements en Russie, parfois très loin du front, disant cibler des infrastructures logistiques, militaires et énergétiques.

M. Zelensky a prévenu cette semaine que l'espace aérien russe était à présent dangereux en raison des drones ukrainiens, un avertissement qualifié par Vladimir Poutine de "terroriste".

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