Présidentielle: la réforme des retraites, "l'éléphant dans la pièce" de la campagne d'Édouard Philippe
Encore un trimestre, voire deux, à valider avant de connaître les contours précis de la réforme des retraites d’Édouard Philippe ? Très attendu sur la question, le candidat Horizons préfère temporiser, inquiétant certains de ses soutiens et faisant le miel de ses concurrents.
Les observateurs, soutiens et adversaires du maire du Havre qui attendaient une clarification dimanche à Tourcoing (Nord) lors de la rentrée de Gérald Darmanin en ont été pour leur frais. Le garde des Sceaux, en annonçant son ralliement mi-août, avait pourtant mis lui-même le curseur sur la question, se disant "contre la retraite à "67 ans" et expliquant qu’Édouard Philippe, pour l'heure, n'avait "pas changé d'avis".
La "retraite à 67 ans" colle à la peau du candidat Horizons depuis un entretien à Challenges en... 2021, lors duquel il avait évoqué un âge de départ à "65, 66 ou 67 ans". Obligeant tous ses soutiens, depuis, à tenter de déminer cette question sur laquelle insistent tous ses adversaires, concurrents... et Gérald Darmanin.
En réponse, dimanche, Édouard Philippe a expliqué avoir "entendu" les "attentes" de l'élu du Nord. Et promis de présenter une réforme des retraites qui "sera responsable pour tous et juste pour chacun". Qui conciliera, selon ses termes, "la réalité démographique" et "la réalité des métiers et des carrières".
Comprendre: tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne. Ce que le candidat Horizons avait déjà laissé entendre à plusieurs reprises, notamment lors de son meeting du 5 juillet.
En mars 2025, à Lille, il avait par ailleurs évoqué la fusion des systèmes de retraites actuels en "trois régimes: privé, public, indépendant", qui devront "être équilibrés, y compris par l'introduction d'une dose de capitalisation collective". Et évoqué l'adoption de cette réforme par référendum après la présidentielle, ce qui ne semble plus, aujourd'hui, aussi prioritaire.
Autant d'éléments laissant supposer que la réforme des retraites d’Édouard Philippe est déjà bien ficelée. Alors pourquoi temporiser sur la question de l'âge ? "J'aurais l'occasion de dire la totalité de mon plan sur les retraites (...) le moment venu", a évacué le candidat mercredi sur France Inter.
Mais "à ce stade de la campagne, ce que je veux, c'est me battre politiquement pour faire entrer dans le débat public l'idée que nous allons tous devoir travailler plus longtemps", a expliqué l'ancien Premier ministre. Qui entend ensuite "engager une discussion avec les partenaire sociaux" pour voir jusqu'où ceux-ci seraient prêts à aller.
La "bataille idéologique" d'abord, donc, autour de cette notion de "travailler plus longtemps". Mais cette stratégie suscite quelque inquiétude jusque dans les rangs d'Horizons. "Il faut qu’il le fasse tôt. Il faut qu’on arrête", expliquait un membre de son équipe la semaine dernière.
Mesures sur l'immigration lors d'un déplacement à Mayotte, propositions sur l'indemnisation-chômage, sur les arrêts maladies... "On a cranté des trucs très durs pendant cette rentrée. Il faut finir le paquet", poursuivait cette source, qui soulignait que Gabriel Attal, concurrent du bloc central, "nous tap[ait] dessus dans toutes ses interviews en disant +moi, je ne propose pas la retraite à 67 ans".
"J'ai beaucoup de respect, beaucoup d'amitié pour Édouard Philippe" mais "on n'a pas le même projet", a expliqué Gabriel Attal mardi soir sur France 2.
"Je considère que si le débat sur les retraites dans l'élection présidentielle de 2027 se résume au fait de savoir s'il faut placer l'âge de départ à 64, 65, 66 ou 67 ans, alors on aura tout perdu, parce que ça, c'est le débat d'il y a vingt ans", a appuyé le candidat Renaissance, qui propose une refonte du système, avec suppression de l'âge légal de départ.
Édouard Philippe va-t-il pouvoir persister plusieurs mois avant d'abattre ses cartes ? "Il est conscient qu’il ne faut pas laisser s’installer l’idée qu’il est l’homme des 67 ans et rien d’autre. D’autant qu’il n’a jamais dit ça. Mais c’est comme ça qu’il est caricaturé. Et donc que peut-être, sans trop tarder, il va falloir rentrer dans le dur de ce qu’il propose sur les retraites, parce que c’est l’éléphant dans la pièce", glisse un de ses proches.
Latest stories
Sports Third-ranked Pegula, Medvedev power into US Open third round
World number three Jessica Pegula and former champion Daniil Medvedev raced into the third round of the US Open on...
European Edition Swiss rave shooting suspect has 'psychological problems': prosecutor
The man suspected of shooting dead an Italian woman at a rave party in Switzerland is suffering from "psychological problems" and has remained silent...
Sports Balogun rejected Everton move over transfer 'treatment'
Folarin Balogun's £40 million ($54 million) move to Everton from Monaco collapsed hours before the transfer window closed because the United States striker pulled out over his "treatment" by the Premier League side, the Ligue...