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L'ONU appelle le monde à faire face à la "réalité" d'un dépassement du réchauffement au-delà de 1,5°C

Published on September 2, 2026 at 16:50

Un agriculteur italien inspecte un champ de tournesols grillée par la chaleur à Bene Vagienna, un village près de Cuneo, dans le nord-ouest de l'Italie, le 6 août 2026 — Marco Bertorello / AFP
Du corail blanchi ou mort près de l'île Lizard, sur la Grande barrière de corail, en Australie, le 5 avril 2024 — DAVID GRAY / AFP
Carte montrant le recul des glaciers de l'Himalaya entre 1980 et 2020 selon l'Icimod, dans la région népalaise où l'effondrement d'un glacier le 26 août a déclenché des crues meurtrières — Nicholas SHEARMAN, Sylvie HUSSON / AFP
Un agriculteur italien inspecte un champ de tournesols grillée par la chaleur à Bene Vagienna, un village près de Cuneo, dans le nord-ouest de l'Italie, le 6 août 2026 — Marco Bertorello / AFP

Les Nations unies ont présenté mercredi les moyens permettant de contenir le réchauffement climatique mondial une fois le seuil très symbolique de +1,5°C franchi, dans un rapport inédit ayant suscité la consternation des pays vulnérables et des ONG.

L'an dernier, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, avait déjà admis que le dépassement de la barre des 1,5°C était inévitable, mais c'est la première fois qu'une agence des Nations unies explore les moyens de limiter les dégâts une fois cet objectif climatique dépassé.

Les scientifiques s'accordent à dire qu'un réchauffement supérieur à 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle présente de graves risques, et près de 200 pays se sont engagés en 2015 à Paris à tenter de maintenir la hausse de la température mondiale à ce seuil le plus ambitieux.

Mais la planète devrait dépasser cet objectif d'ici quelques années, et l'attention se porte désormais sur la meilleure façon de minimiser l'intensité et la durée de toute période dite de "dépassement".

Dans un rapport publié mercredi, le Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP) affirme sans équivoque que l'objectif ne sera pas atteint et que "le défi n'est plus d'éviter le dépassement, mais de le gérer".

"C'est un retour à la réalité (...) mais il reste encore beaucoup à faire pour limiter le réchauffement", a dit Richard Betts, coauteur du rapport, professeur à l'université britannique d'Exeter, au cours d'une conférence de presse mardi.

Ce rapport "porte sur les réponses à apporter plutôt que de se contenter de constater que le phénomène est en cours", a-t-il expliqué.

Il est important pour les décideurs politiques de prendre conscience que "les règles du jeu ont changé", a dit de son côté Debra Roberts, co-auteure du rapport. "Nous devons désormais repenser notre gouvernance climatique pour faire face à une trajectoire de dépassement. Aucun de nos plans n'est préparé à cela", a déclaré la climatologue sud-africaine.

Les conclusions du rapport ont alarmé les associations militantes et certains dirigeants d'Etats vulnérables.

"Nous savons avec certitude que le changement climatique touche de manière disproportionnée les pays du Pacifique. Les coûts que nous devons supporter à Tuvalu sont sans commune mesure avec ceux des autres pays", a réagi Maina Talia, ministre du Climat de Tuvalu, un Etat du Pacifique comptant parmi les plus menacés par la montée du niveau de la mer.

Selon Tina Stege, envoyée spéciale des Îles Marshall pour le climat, "nous luttons contre un courant très puissant qui nous entraîne vers des eaux très dangereuses".

"C'est un moment déchirant, mais ce dépassement n'est pas une raison pour baisser les bras et renoncer à l'objectif de 1,5°C", a dit Jasper Inventor, directeur adjoint de programme chez Greenpeace International.

Rachel Cleetus, de l'Union of Concerned Scientists, a qualifié l'échec de l'objectif de 1,5 °C d'"injustice climatique monumentale".

Le monde s'est déjà réchauffé d'environ 1,4°C depuis la période 1850-1900, principalement en raison de la combustion des énergies fossiles. Les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

Les scientifiques affirment qu'un dépassement de 1,5°C risque d'entraîner des phénomènes météorologiques plus extrêmes et de rapprocher la planète de points de basculement tels que l'effondrement des calottes glaciaires.

"Il n'y aura aucune issue favorable si nous restons au-dessus de 1,5°C", a dit mardi la directrice exécutive de l'UNEP, Inger Andersen, soulignant que l'adaptation au changement climatique serait nécessaire.

"La lutte pour limiter le réchauffement à 1,5 degré, c'est la lutte pour l'humanité", a insisté António Guterrez.

Pour y parvenir, le piégeage du dioxyde de carbone – processus consistant à extraire le carbone de l'air et à le stocker – serait essentiel, parallèlement à des réductions profondes et rapides des émissions, indique le rapport.

La capture du carbone ne joue aujourd'hui qu'un rôle infime dans la lutte contre le changement climatique.

"La seule façon de minimiser les dégâts est de réduire les émissions dès maintenant (...) et non de retarder l'action avec des solutions technologiques spéculatives", a critiqué Lili Fuhr, du Centre pour le droit international de l'environnement.

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