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Ultradroite: le procès de Rémy Daillet et son groupuscule conspirationniste s'est ouvert à Paris

Published on Setembro 15, 2026 at 14:56

Rémy Daillet (c) au palais de justice de Nancy, le 16 juin 2021 — - / AFP
Lola M., la mère de la petite Mia, enlevée dans les Vosges en 2021, au palais de justice de Paris, le 15 septembre 2026 — SIMON WOHLFAHRT / AFP
Rémy Daillet (c) au palais de justice de Nancy, le 16 juin 2021 — - / AFP

Le procès de Rémy Daillet et de ses quatorze co-prévenus, poursuivis pour avoir fomenté un coup d'État et organisé l'enlèvement de la petite Mia au printemps 2021, s'est ouvert mardi au tribunal de Paris.

Seul prévenu du procès détenu, l'ancien youtubeur conspirationniste, fine moustache et lunettes dorées cerclées, en veste de survêtement noire et T-shirt blanc, comparait notamment pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme.

Sa petite entreprise factieuse est sortie de la clandestinité en avril 2021 lorsqu'une fillette de 8 ans, Mia, est enlevée dans les Vosges à sa grand-mère, à laquelle elle avait été confiée en raison de graves négligences parentales.

Elle avait ensuite été remise à sa mère, Lola M., seule femme à comparaître au procès.

Chignon blond et allure longiligne, la mère de Mia, qui comparait pour complicité de séquestration et soustraction d'un mineur par ascendant, doit être auditionnée demain.

Le rapt de sa fille, retrouvée cinq jours plus tard dans un squat en Suisse, a servi d'entraînement à Rémy Daillet et ses troupes en vue d'un futur coup d'État codifié sous le nom "Azur".

L'éphémère ancien cadre du MoDem prônait, sur sa chaîne aux 35.000 abonnés, l'instauration d'un "État fort" et le renversement du gouvernement, "pacifiquement ou avec effusion de sang".

Surfant sur la crise sanitaire et les colères des Gilets jaunes, Rémy Daillet-Wiedemann, 60 ans, alors expatrié en Malaisie, d'où il a été expulsé en 2021, est soupçonné par l'accusation d'avoir structuré, dès l'automne 2020, un réseau hiérarchisé clandestin d'ultradroite.

Père de onze enfants et chantre de l'école à la maison, Daillet a fédéré autour de sa personne des profils variés, appelés un à un à la barre: militaires, professeur, intermittent du spectacle, coach sportif, etc., pour la plupart inconnus des services de police.

Parallèlement à l'opération "Azur", la structure gérait de façon cloisonnée plusieurs objectifs: attaques de loges maçonniques, "restitutions" d'enfants placés, prise de contrôle d'organes de presse.

Elle visait également des personnalités juives comme Jacques Attali, des responsables politiques comme Édouard Philippe, ainsi que des "gauchistes", journalistes et magistrats, sommés de "rendre des comptes au peuple".

Des actions de sabotage, comme la destruction par incendie de deux antennes-relais 5G début 2021 près d'Aix-en-Provence et Lyon, ont fait office d'entraînement.

L'influence de Rémy Daillet s'établissait au-delà du groupe: en novembre 2020, un homme avait foncé sur la gendarmerie de Dax après avoir tagué sur un mur "Tous avec Rémy Daillet".

Le procès est prévu jusqu’au 9 octobre.

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