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Sommet spatial: l'Europe cherche sa place entre les États-Unis et la Chine

Published on Setembro 9, 2026 at 20:51

L'astronaute français Thomas Pesquet au Grand Palais à Paris pendant le sommet international sur l'espace, le 9 septembre 2026 — Simon WOHLFAHRT / AFP
An Ariane 6 rocket launches from the Guiana Space Centre carrying the MTG-I2 (Meteosat — RONAN LIETAR / AFP
L'astronaute Thomas Pesquet et le président de la République Emmanuel Macron au Sommet international spatial à Paris le 9 septembre 2026 — Ludovic MARIN / AFP
Des astronautes réunis à l'occasion d'une conférence au Sommet international spatial à Paris le 9 septembre 2026 — Ludovic MARIN / AFP
L'astronaute français Thomas Pesquet au Grand Palais à Paris pendant le sommet international sur l'espace, le 9 septembre 2026 — Simon WOHLFAHRT / AFP

Prise en étau entre les États-Unis et la Chine, l'Europe entend défendre sa place dans l'espace au premier sommet international qui s'est ouvert mercredi à Paris, boudé par les géants américains et en l'absence du chancelier allemand, co-hôte de l'évènement.

Si SpaceX et Blue Origin ont boudé le sommet, Amazon, autre géant américain, a apporté une bonne nouvelle au lanceur lourd européen Ariane 6 sous la verrière du Grand Palais qui accueille ce rendez-vous de deux jours initié par le président français.

"90 pays, plus de cinquante projets en cours et des milliards d’investissements. C’est un grand plaisir de vous accueillir ici aujourd’hui", a déclaré Emmanuel Macron en venant assister au sommet aux côté de l'astronaute français Thomas Pesquet.

Amazon Leo, principal client commercial d'Ariane 6, a confié mercredi six lancements supplémentaires à la fusée européenne portant le total à 24 missions.

"Cela montre l'excellence française et européenne dans l'accès à l'espace. Continuons à viser haut", a réagi Emmanuel Macron sur X.

Dans la matinée, le concepteur français d'infrastructure satellitaire Loft Orbital a annoncé un contrat d'un milliard de dollars avec la société émiratie Marlan Space pour le lancement de 50 satellites dotés d'intelligence artificielle embarquée. 

Un marché en pleine explosion se profile derrière la bataille pour l'accès à l'espace.

Selon une étude de PwC, l'économie spatiale mondiale, qui a dépassé 500 milliards de dollars en 2025, devrait atteindre 1.100 milliards de dollars d'ici 2035 portée par les communications satellitaires, la navigation, l'observation de la Terre, les services de lancement et les activités autour de la Lune.

L'Europe aura-t-elle sa place ?

"Bien sûr. On a la chance d'avoir énormément de capital humain, des ingénieurs en aérospatial et l'ensemble des métiers du secteur", répond à l'AFP Mathieu Luinaud, expert de PwC.

Deloitte met pour sa part en garde contre un décrochage européen, appelant à une "commande publique garantie" et à une meilleure coordination des investissements, afin d'éviter que les Etats membres ne développent chacun leurs propres projets.

"Ce sommet sert à accorder nos violons. Le spatial, par nature, c'est quelque chose qui se fait ensemble, c'est quelque chose qui demande de la coopération internationale", a déclaré l'astronaute français Thomas Pesquet à l'AFP.  

Le désengagement des Etats-Unis de certains programmes conjoints avec l'Europe a poussé les Européens à s'interroger sur leur dépendance envers cette puissance et leur propre rôle dans l'exploration lunaire.

Le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a chiffré mercredi à 10 milliards d'euros sur 10 ans l'investissement nécessaire à l'Europe pour obtenir son indépendance spatiale.

"Serons-nous des passagers ou des pilotes ?", a interrogé le dirigeant, dans un discours aux ministres européens de l'Espace.

Se munir de capacité de vols habités est revenu sur le devant de la scène.

ArianeGroup, le concepteur d'Ariane 6, a dit que le lanceur pourrait être adapté aux vols habités.

Le sommet intervient au moment où le président Trump a fixé l'objectif de 1.000 lancements par an d'ici 2030 alors que l'Europe dont les lancements se comptent en dizaines risque une pénurie de lanceurs d'ici la même période, selon le directeur de l'ESA. 

L'entreprise chinoise LandSpace a réussi en août à récupérer le premier étage du lanceur lourd Zhuque-3 comparable au Falcon 9 de SpaceX, alors que l'Europe n'a pas encore testé de fusée réutilisable.

MaiaSpace, filiale d'ArianeGroup qui développe une fusée réutilisable, ne prévoit son premier vol d'essai qu'au deuxième semestre 2027, même si elle a déjà sécurisé cinq contrats pour douze lancements.

Son concurrent, l'allemand Isar Aerospace, a placé samedi une fusée en orbite depuis la Norvège, une première pour une fusée développée par le secteur privé depuis l'Europe continentale.

Côté politique, les divergences franco-allemandes et l'absence du chancelier Friedrich Merz risquent de ternir la portée du sommet.

"Le fait qu'on ait aujourd'hui un petit lanceur allemand sur la table va encourager nos partenaires allemands à assumer de manière plus forte le fait qu'on a besoin d'une autonomie européenne", a déclaré à l'AFP le ministre chargé de l'Espace Philippe Baptiste. 

L'Allemagne reste très ouverte aux lanceurs américains de SpaceX, alors que la France défend une préférence pour les solutions européennes.

Dans une déclaration commune, les filières aérospatiales française, allemande et italienne se sont prononcées pour une préférence européenne dans les achats institutionnels, sans exclure "les partenaires de pays tiers" à condition que la maîtrise de la conception reste européenne.

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