Politique

L'aide à l'Ukraine ne se fera "pas au prix de la vie financière de la France", affirme Jacobelli (RN)

Published on Setembro 5, 2026 at 09:54

Le député RN Laurent Jacobelli à Châlons-en-Champagne, dans la Marne, le 18 mars 2026 — Sameer AL-DOUMY / AFP
Le député RN Laurent Jacobelli à Châlons-en-Champagne, dans la Marne, le 18 mars 2026 — Sameer AL-DOUMY / AFP

L'aide à l'Ukraine en cas d'arrivée du Rassemblement national au pouvoir ne se fera "pas au prix de la vie financière de la France", a affirmé samedi le député RN Laurent Jacobelli, alors que la position du parti suscite depuis jeudi soir une vague de critiques.

"Au moment où on demande aux Français de faire des efforts sur leurs retraites, sur leurs soins, au moment où la France est en situation de quasi-faillite, on ne peut pas mettre en danger l'avenir de notre pays", a expliqué le député de Moselle sur France Info.

"Nous sommes aux côtés de l'Ukraine, mais pas au prix de la vie financière de la France", a-t-il ajouté.

Le parti de Marine Le Pen se voit contraint de clarifier ces derniers jours sa position vis-à-vis de l'Ukraine, depuis que son vice-président Louis Aliot a suggéré, jeudi soir, qu'il faudrait "couper le robinet" financier à destination du pays en guerre contre la Russie, en cas d'arrivée au pouvoir du RN.

"L'aide financière" devra répondre à une "démarche pragmatique" et non à des "promesses en l'air", sans quoi cela se fera "au prix de la dette et de l'impôt des Français", a précisé Laurent Jacobelli.

Quant à l'aide matérielle, il a précisé que le "soutien militaire défensif" serait maintenu, tout comme l'aide "humanitaire" et "de formation".

"Si une livraison à l'Ukraine est compatible avec le réarmement de la France (...) on continue. Quand ça met en danger nos stocks et notre propre défense, évidemment non. Notre devoir de décideurs et de dirigeants politiques est de protéger la France", a-t-il explicité.

Au Royaume-Uni vendredi lors d'un déplacement auprès de son allié anti-européen Nigel Farage, le président du RN Jordan Bardella avait affirmé que "la France continuera évidemment d'honorer ses engagements internationaux, les engagements qu'elle a pris", mais ne s'interdisait "rien dans le futur".

Lors de ce déplacement, M. Bardella a par ailleurs symboliquement signé avec M. Farage un protocole d'accord sur l'immigration, avec un volet prévoyant notamment le renvoi de migrants des eaux britanniques vers la France, une démarche critiquée de toutes parts.

"Nous renverrons systématiquement ces migrants clandestins illégaux dans leur pays d'origine", a tenté de clarifier Laurent Jacobelli, expliquant que ce volet ne concernait que les migrants "en perdition" dans la Manche qui tenteraient de rejoindre le Royaume-Uni.

"Evidemment qu'on va pas les laisser se noyer", a-t-il lancé, insistant sur le fait que les dépenses seront "équitablement réparties" entre la France et son homologue britannique.

"Nous voulons conjointement travailler ensemble pour envoyer un signal mondial: +Ne venez pas chez nous, ça ne sert à rien+", a-t-il dit.

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