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La CPI va rendre son verdict à l'encontre d'un chef rebelle centrafricain, accusé de crimes de guerre

Published on September 23, 2026 at 07:55

La Cour pénale internationale va rendre son verdict à l'encontre d'un ancien commandant rebelle de la République centrafricaine, accusé de crimes de guerre — ROBIN UTRECHT / AFP
La Cour pénale internationale va rendre son verdict à l'encontre d'un ancien commandant rebelle de la République centrafricaine, accusé de crimes de guerre — ROBIN UTRECHT / AFP

La Cour pénale internationale va rendre mercredi son verdict à l'encontre d'un ancien commandant rebelle de la République centrafricaine, accusé de crimes de guerre présumément commis en 2013, alors que le pays sombrait dans la guerre civile.

Mahamat Saïd Abdel Kani, 56 ans, doit répondre de sept chefs d'accusation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour des atrocités qu'il aurait commises lorsqu'il dirigeait l'Office Central de Répression du Banditisme (OCRB), une unité spéciale de police.

L'accusé était l'un des principaux commandants des milices rebelles de la Séléka, à majorité musulmane, qui ont renversé le président François Bozizé en 2013 et plongé le pays africain dans un conflit intercommunautaire sanglant.

Selon les procureurs de la Cour, qui siège à La Haye, des actes d'emprisonnement, de torture et autres actes inhumains ont été infligés aux prisonniers dans le centre de détention de l'OCRB, dans la capitale de Bangui, lorsque M. Saïd dirigeait l'unité.

Certains ont été "fouettés avec des fouets en cuir de cheval ou des bâtons munis de fils métalliques", "brûlés, ou ont eu les oreilles tirées avec des pinces et partiellement arrachées", ont déclaré les juges de la CPI lors de la confirmation des chefs d'accusation.

Les conditions de détention étaient cauchemardesques, avec des cellules exiguës et surpeuplées, trop chaudes et sombres, dépourvues de bouches d'aération ou de fenêtres, a ajouté la Cour.

Les détenus étaient privés de nourriture et d'eau, amenant certains à boire leur propre urine.

M. Saïd, parfois surnommé "le colonel" par ses subordonnés, a supervisé ces mauvais traitements et a personnellement participé au passage à tabac d'au moins un prisonnier, a continué la CPI.

L'ancien procureur général, Karim Khan, avait déclaré aux juges qu'il s'agissait d'une affaire "sans ambiguïté".

"Il a encouragé ces actes, il les a facilités, mais il a également pris part aux passages à tabac et aux mauvais traitements", avait-il affirmé lors d'audiences en 2021.

M. Saïd a plaidé non coupable de tous les chefs d'accusation, qui auraient été commis entre avril et août 2013.

Le renversement du président Bozizé par la Séléka a déclenché une nouvelle guerre civile catastrophique dans ce pays d'environ cinq millions d'habitants. Afin de reprendre le pouvoir, M. Bozizé avait mis en place des milices dominées par des chrétiens et des animistes, connues sous le nom d'"anti-Balaka".

Les violences de ce qui est appelé la troisième guerre civile centrafricaine ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Des crimes de guerre auraient été commis par les deux camps.

A partir de 2014, des troupes françaises, sous mandat de l'ONU, ont aidé le gouvernement à sécuriser les principales villes. Depuis la signature d'un accord de paix à Khartoum en 2019, le pays connaît une situation plus stable.

L'année dernière, la CPI a condamné deux figures de proue des anti-Balaka pour crimes de guerre: l'ancien ministre des Sports, Patrice-Édouard Ngaïssona et Alfred Yekatom, ancien député.

La CPI a condamné M. Yekatom à 15 ans de prison pour 20 crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment des meurtres et des actes de torture.

M. Ngaïssona a lui été condamné à 12 ans de prison pour 28 chefs d'accusation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Créée en 2002, la CPI juge les individus accusés des crimes les plus graves.

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