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TER normand: appels à la prudence sur les causes du déraillement

Published on Septiembre 13, 2026 at 18:58

Le train qui a déraillé en Normandie au lendemain de l'accident à Cléon le 12 septembre 2026 — Guillaume SALIGOT / AFP
Photo le 12 septembre 2026 d'une voiture du TER qui a déraillé la veille à Cléon, en Seine-Maritime,  faisant 44 blessés — GUILLAUME SALIGOT / AFP
Le train qui a déraillé en Normandie au lendemain de l'accident à Cléon le 12 septembre 2026 — Guillaume SALIGOT / AFP

Deux jours après le déraillement d'un TER qui a fait 44 blessés en Normandie, les autorités continuent d'appeler à la prudence sur les causes de l'accident, qui alimentent de nombreuses spéculations, la présence d'un morceau de rail sur les voies restant à ce stade inexpliquée. 

Dimanche sur France 2, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé à "rester extrêmement prudent", répétant qu'aucune piste n'était "privilégiée" ou "exclue".

Le locataire de Beauvau a dit disposer "des mêmes informations" que le procureur de la République de Rouen, qui dirige l'enquête.

Un morceau de rail présent sur la voie pourrait être à l'origine du spectaculaire déraillement, selon le parquet normand.

"Quand vous avez un rail qui se retrouve sur une voie ferrée et que le conducteur dit qu'il a vu un rail en arrivant et qu'il a déclenché un freinage d'urgence, on peut effectivement penser que quelqu'un l'y a mis", a remarqué le ministre.

Cependant, les causes de la présence de cet objet restent pour l'instant "inconnues" et l'enquête se poursuit "activement", a déclaré le procureur Sébastien Gallois.

Un acte malveillant a été évoqué, notamment par des sources policières ou des responsables politiques, comme le président de la région Normandie Hervé Morin ou le maire de Nice Eric Ciotti qui a même utilisé le terme d'"attentat".

Dimanche, une source ferroviaire interrogée par l'AFP continuait de s'interroger sur la présence d'un "bout de rail de 300 à 350 kg" un vendredi soir sur une voie empruntée "une heure avant par un train qui allait dans le même sens" et "une demi-heure avant par un train passant dans l'autre sens".

"Le conducteur de ce train n'a rien vu alors qu'ils ont pour consigne d'observer et de signaler des anomalies. Il n'y avait pas de travaux SNCF sur les lieux du déraillement. Les premiers éléments laissent à penser que ceux qui ont fait ça ont suivi le cadencement de la ligne pour ne pas être repérés. Ils étaient forcément plusieurs pour manipuler le bout de rail", a estimé cette source.

Pour faire toute la lumière sur ce déraillement, dont le bilan humain aurait pu être plus lourd, une enquête technique du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a été ouverte.

Elle doit "déterminer précisément les circonstances" de cet accident, a écrit dimanche le ministre des Transports Philippe Tabarot, à propos de cette enquête qui s'ajoute à l'enquête judiciaire confiée à la PJ de Rouen.

Le BEA-TT se saisit lui-même des accidents sur lesquels il lui paraît pertinent d'ouvrir une enquête et son "but est de formuler des recommandations", avait indiqué samedi à l'AFP son directeur.

Sur les lieux du sinistre, "des travaux préparatoires, un peu de débroussaillage, d'abattage d'arbres, de nettoyage de la zone, ont débuté dimanche après-midi en vue de préparer le levage qui devrait avoir lieu au cours de la semaine prochaine", a indiqué à l'AFP le service communication SNCF réseau Normandie.

"L'opération de relevage est assez complexe. Il y a une incertitude sur l'état des voitures qui sont accidentées, si elles pourront rouler ou pas et comment elles vont être évacuées", selon la même source.

Le TER accidenté était composé de deux rames, chacune composée de trois voitures: une est complètement couchée dans le bas-côté et les cinq autres sont encore droites mais déraillées, d'après la même source.

Dans un communiqué diffusé dimanche soir, le procureur de Rouen Sébastien Gallois a indiqué que les policiers ont procédé "à de nouvelles auditions, de témoins mais aussi de premières victimes, et ont complété encore leurs constatations de police technique".

Les victimes "seront entendues une à une par les policiers", a assuré le magistrat, indiquant que l'une d'elles devait sortir dimanche soir de l'hôpital et que deux autres restaient encore hospitalisées.

Le déraillement du TER, qui assurait la liaison Rouen-Caen, s'est produit entre les gares de Tourville et d'Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon, au sud de Rouen, vendredi vers 19H45. Le convoi de deux rames transportait 186 personnes.

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