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Assassinat d'Aramburu: la carrière militaire peu flatteuse du principal accusé

Published on Septiembre 11, 2026 at 20:42

Croquis d'audience du 9 septembre 2026 montrant les militants d'extrême droite Loik Le Priol (2e d) et Romain Bouvier (3e d), au troisième jour de leur procès devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre en 2022 du rugbyman international argentin Federico Martin Aramburu — Benoit PEYRUCQ / AFP
Croquis d'audience du 9 septembre 2026 montrant les militants d'extrême droite Loik Le Priol (2e d) et Romain Bouvier (3e d), au troisième jour de leur procès devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre en 2022 du rugbyman international argentin

Excès de confiance, indiscipline, accusations de violences sur une femme à Djibouti, liens connus avec l'ultradroite: un officier a dressé vendredi du principal accusé de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, le portrait peu flatteur d'un soldat médiocre que l'armée a fini par radier.

Dans la Marine, tout avait pourtant bien commencé pour Loïk Le Priol, 32 ans, qui encourt la perpétuité pour avoir tué à 42 ans le rugbyman argentin en lui tirant dessus après une dispute à Paris le 19 mars 2022.

Sur ses cinq années sous l'uniforme, il en a passé deux et demi dans une unité d'élite des forces spéciales rejointe très jeune après l'un des stages commandos "les plus sélectifs", rappelle cet officier, qui s'exprimait à distance et anonymement, devant la cour d'assises de Paris.

Ce passé valait à Le Priol de bénéficier d'une aura particulière dans le petit groupe parisien de militants d'ultradroite qu'il fréquentait, dont son co-accusé, Romain Bouvier, 35 ans. Il s'est pourtant achevé sur une radiation en 2017, conséquence de son implication dans l'agression violente du président de l'organisation étudiante d'extrême droite GUD.

Mais la carrière militaire de Le Priol avait depuis longtemps du plomb dans l'aile, rappelle l'officier, notamment interrogé sur "l'affaire de Djibouti" mi-2015.

Une femme avait accusé Le Priol de l'avoir étranglée et battue le 5 juin 2015 après qu'elle avait refusé une pratique sexuelle. Lui a invoqué "une arnaque" qui aurait consisté à porter de fausses accusations pour lui soutirer de l'argent.

La procédure judiciaire djiboutienne avait été close par le versement à l'amiable de 1.800 euros et l'officier confirme que de tels chantages à Djibouti n'étaient "pas impossibles".

Le président de la cour d'assises Franck Zientara acte qu'il y a "eu un classement" judiciaire et refuse aux parties civiles la diffusion du visage tuméfié de la plaignante.

Après douze jours de mise aux arrêts disciplinaires pour violation du couvre-feu ce soir-là, Le Priol est rapidement rapatrié à Paris pour raisons médicales. Rare carte à la disposition de sa défense, un stress post-traumatique (TSPT) est diagnostiqué, et il se verra octroyer une pension d'invalidité de 60%.

Avant même cette affaire, des "notations assez moyennes ne permettaient pas un pronostic très favorable sur la poursuite de sa carrière dans la Marine", cingle l'officier.

Certes, Le Priol avait des aptitudes au tir, montré un "esprit combattant", été décoré lors d'une opération antiterroriste au Sahel.

Mais, "dans une carrière en dents de scie", il avait aussi été sanctionné pour un défaut d'entretien de son matériel: "L'ensemble de ces sanctions pour un marin jeune est assez exceptionnel. C'est rare que l'on punisse autant."

Le Priol est aussi débarqué de son groupe "en raison d'une perte de confiance" de ses camarades, décrit l'officier qui égrène les griefs: "immaturité", "excès de confiance", difficultés à "respecter les valeurs de l'institution militaire", "défauts de comportement"...

Autre alerte, l'armée connaissait dès "2011 ou 2012" l'appartenance de Le Priol à l'ultradroite. Après son admission dans son unité d'élite, un officier lui demande de prendre ses distances avec ce milieu extrémiste: "Il avait répondu par l'affirmative."

A la barre, le père de l'accusé, Denis Le Priol, lui-même ancien parachutiste, raconte comment l'armée avait transformé son fils, "un gamin formidable", "pénétré des valeurs du scoutisme" qui avait rejoint l'institution "plein d'allant pour servir son pays": "La guerre l'a transformé en chien de chasse, ce n'était plus le même garçon" au retour de ses missions.

Des problèmes de violence quand il était enfant? "Pas plus qu'un autre garçon", dit-il. "Bagarreur comme un garçon", dira sa mère Florence.

Et cette passion pour les armes que Denis Le Priol lui a transmise? "Tous les petits garçons sont passionnés par les armes", répond le père, dont le témoignage hésite entre émotion et raideur. Et puis "peut-être que si Loïc n'avait pas été armé, il serait mort. Il y a des rugbymen en face!"

"Loïk quoi qu'il ait fait, restera toujours mon fils", "je le soutiendrai toujours, parce que c'est mon rôle de chef de famille", dit-il.

Il présente ses excuses aux parties civiles pour "n'avoir pas réussi en tant que père de famille à éviter ça". Et ajoute que sa famille est "aussi victime" de cette "catastrophe": "Deux familles détruites pour une connerie d'ivrognes..."

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