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L'AIEA affirme que la Syrie d'Assad était sur le point d'achever un réacteur nucléaire

Published on Septiembre 7, 2026 at 17:53

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, lors d'une conférence de presse au siège de l'organisation, à Vienne, le 7 septembre 2026 — Joe Klamar / AFP
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, lors d'une conférence de presse au siège de l'organisation, à Vienne, le 7 septembre 2026 — Joe Klamar / AFP
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, lors d'une conférence de presse au siège de l'organisation, à Vienne, le 7 septembre 2026 — Joe Klamar / AFP

La Syrie de Bachar al-Assad avait presque achevé la construction d'un réacteur nucléaire susceptible de contribuer à la fabrication d'armes, a annoncé lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi.

"Le réacteur était presque achevé. Il ne restait plus qu'à charger le combustible", a déclaré M. Grossi lors d'une conférence de presse à Vienne, où se réunit cette semaine le Conseil des gouverneurs de l'agence onusienne.

Ces déclarations interviennent quelques jours après qu'un rapport de l'AIEA a révélé que des infrastructures découvertes à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, étaient compatibles avec celles d'un réacteur nucléaire.

Tout en se refusant à affirmer que le programme poursuivait un objectif militaire, M. Grossi a toutefois souligné qu'il était clair que les responsables syriens de l'époque "ne voulaient pas que le monde sache ce qu'ils faisaient".

Il a également admis que les caractéristiques techniques de l'installation en faisaient "un réacteur très efficace pour la production de matière fissile qui pourrait être utilisée directement pour la fabrication d'armes nucléaires".

Le site de Deir Ezzor est fermé depuis 18 ans.

Israël a reconnu en 2018 l'avoir bombardé onze ans plus tôt, affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en construction.

En 2008, moins d'un an après la frappe, des responsables américains avaient accusé la Syrie d'avoir cherché à construire un réacteur nucléaire secret, indiquant qu'Israël l'avait détruit lors du raid.

L'AIEA avait à son tour déclaré en 2011 que le site était "très probablement" un réacteur nucléaire, construit selon elle avec l'aide de la Corée du Nord.

Ce dernier pays est en effet soupçonné d'avoir fourni expertise, plans ou assistance technique à la Syrie.

La semaine dernière, l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS) avait estimé que les annonces de l'AIEA, si elles apportent quelques détails, ne constituent "ni une surprise ni ne fournissent les informations manquantes" en particulier sur la coopération avec Pyongyang.

Depuis la destitution de Bachar al-Assad en 2024, les nouvelles autorités syriennes se sont engagées à travailler avec l'AIEA sur la comptabilisation et le contrôle des matières nucléaires sur son territoire.

L'année dernière, le gardien de la sûreté nucléaire avait annoncé avoir découvert des particules d'uranium à Deir Ezzor lors d'une inspection en 2024.

Le mois dernier, M. Grossi et ses équipes ont visité plusieurs sites.

Outre le réacteur, l'AIEA a indiqué avoir trouvé un site de production de combustible nucléaire, ainsi que 73 tonnes d'uranium naturel, dont 55 tonnes de barres de combustible et le reste sous forme de déchets, dans un rapport consulté la semaine dernière par l'AFP.

Concernant le réacteur, M. Grossi a souligné que des travaux d'excavation étaient toujours en cours. Il n'a pas exclu que les autorités syriennes de l'époque "aient procédé à des explosions" afin d'entraver toute possibilité d'enquête pour "établir avec plus de précision ce qui se trouvait là".

Il a par ailleurs salué la coopération et la transparence affichées par les autorités syriennes actuelles, estimant que c'était "déterminant pour que la Syrie puisse relancer son économie, rétablir des liens politiques, économiques et autres avec la communauté internationale".

M. Grossi a estimé qu'il appartenait désormais au conseil de l'AIEA de décider du dossier syrien et qu'il n'avait actuellement pas reçu de mandat pour enquêter sur les liens présumés avec la Corée du Nord.

Un projet de résolution, consulté par l'AFP, qui devrait être soumis au vote cette semaine, prévoit la clôture du dossier nucléaire syrien.

L'AIEA continuera à travailler avec la Syrie pour maintenir la sûreté des matériaux et rendre compte de ses conclusions, a ajouté M. Grossi.

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