Top 14: "Être sélectionné, ce n'est pas une fin mais une étape", juge le Toulousain Graou
"Être sélectionné, ce n'est pas une fin, mais c'est une étape", affirme dans un entretien à l'AFP le demi de mêlée toulousain Paul Graou, qui a découvert l'équipe de France cet été après trois saisons intenses où il est devenu mieux qu'une doublure d'Antoine Dupont, qu'il veut "titiller" voire "challenger".
QUESTION: Vous avez rejoint le XV de France en Australie dans la foulée de la finale de Top 14 remportée, comment avez-vous vécu cet enchaînement?
REPONSE: "C'est allé super vite avec l'euphorie du quadruplé (en championnat). Et le lendemain ou le surlendemain, j'apprends que je pars, un peu au dernier moment. Ce n'était que du plaisir, je suis parti sans vraiment avoir d'attentes, juste pour montrer mes qualités et essayer de coller au mieux aux attentes des coaches. J'étais très content de la tournée et d'honorer ma première sélection [contre le Japon, NDLR]. Rejoindre ce groupe, c'était la cerise sur le gâteau après cette saison qui était personnellement aboutie."
Q: Que retenez-vous de ces premiers pas en Bleu?
R: "Ca fait entrevoir les exigences du niveau international, même si à Toulouse, on les a au quotidien: il n'y a que des internationaux autour de nous (...), on se rapproche de ce niveau-là. De partir en voyage, de découvrir d'autres joueurs contre qui on joue les week-ends, ça permet d'avoir une autre vision du rugby, des partenaires, de se retrouver dans un collectif. Et c'est très enthousiasmant."
Q: Quel discours le staff des Bleus vous a-t-il tenu?
R: "Qu'il fallait que je me donne à 100%. Dans tous les cas, c'est la règle. Sur les entraînements, je me suis donné à 100%. J'ai essayé de faire du mieux que je pouvais, intégrer vite le plan de jeu offensif, parce qu'on n'était pas beaucoup de nouveaux. J'ai essayé d'être concentré tout le temps pour me fondre au mieux dans le collectif."
Q: Cette première convocation à presque 29 ans était-elle un aboutissement?
R: "C'est une étape. Je trouve que depuis que je suis arrivé au Stade, je fais des saisons où chaque année ça monte crescendo. J'ai toujours joué beaucoup, mais sur des matches importants, j'ai fait de meilleures performances. Quand on gagne le titre contre Bordeaux (en 2025, NDLR) j'avais été titulaire pour pallier l'absence d'Antoine (Dupont, blessé à un genou). J'ai acquis beaucoup d'expérience. D'être sélectionné, ce n'est pas une fin, mais c'est une étape. Ça doit me donner encore plus envie de travailler."
Q: Vous restez sur trois saisons très denses pour un N.9...
R: "L'année dernière, j'ai fait toutes les feuilles de match. A Toulon (23e journée), c'était la première fois où je n'y étais pas. Mais je suis passionné, je suis content d'être tous les week-ends sur le terrain, être tous les jours au stade, travailler (...) Même les jours off, je viens, je fais du travail en plus: du temps en kiné, travailler la mobilité, la récupération, des bains, faire des massages... La récupération, ça fait partie intégrante de l'entraînement, tout comme l'alimentation, le sommeil."
Q: A quel point l'énorme concurrence au poste de demi de mêlée à Toulouse et en Top 14 vous stimule-t-elle?
R: "Le niveau du Top 14 monte, il y a beaucoup de demis de mêlée, en plus français, le niveau est super élevé. C'est un beau challenge même si je ne fais pas partie des favoris. Je ne l'ai jamais trop été. Je suis trop content de pouvoir me challenger, même en interne avec Antoine. C'est un joueur hors-normes, ça fait progresser, on a toujours envie de le titiller, de voir les performances des autres joueurs sur le terrain. Ça pousse à travailler."
Q: Vous dites n'avoir jamais fait partie des "favoris", votre convocation en Bleu peut-elle changer la donne?
R: "Ça peut aider à changer le regard qu'on a sur moi, mais ça me préoccupe beaucoup moins, je m'en fous un peu maintenant. Je sais qu'il y a de très grands joueurs à mon poste. Je travaille pour essayer de leur faire face le week-end, donner le meilleur de moi-même ici au Stade et tous les week-ends pour les challenger."
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