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Trump en Irlande pour une visite mêlant golf et diplomatie

Published on September 12, 2026 at 03:49

Le président américain Donald Trump, sous le regard de son fils Eric Trump, effectue le premier coup de départ pour inaugurer le parcours Trump International Golf Links à Balmedie, dans l'Aberdeenshire, au nord-est de l'Ecosse, le 29 juillet 2025 — Brendan SMIALOWSKI / AFP
Le président américain Donald Trump rencontre le Premier ministre irlandais Micheál Martin lors d'une réunion bilatérale dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 17 mars 2026 — Jim WATSON / AFP
Des drapeaux flottent devant l'entrée du Trump International Golf Course, propriété du président américain Donald Trump, près de Doonbeg, sur la côte ouest de l'Irlande, le 2 décembre 2016 — PAUL FAITH / AFP
Le président américain Donald Trump, sous le regard de son fils Eric Trump, effectue le premier coup de départ pour inaugurer le parcours Trump International Golf Links à Balmedie, dans l'Aberdeenshire, au nord-est de l'Ecosse, le 29 juillet 2025 —

Le président américain Donald Trump est attendu samedi en Irlande pour une visite de deux jours mêlant diplomatie et golf, un déplacement qui brouille une nouvelle fois la frontière entre sa fonction présidentielle et ses intérêts privés.

Au moins 4.000 policiers et autres membres des forces de sécurité irlandaises ont été mobilisés pour cette visite, présentée comme l'une des plus importantes opérations de sécurité jamais menées en Irlande.

Des opposants à Donald Trump doivent manifester à Dublin, où le président américain doit s'entretenir séparément avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin et la présidente Catherine Connolly, dont la fonction est essentiellement protocolaire.

Le locataire de la Maison Blanche doit ensuite rejoindre son complexe hôtelier et golf de Doonbeg, sur la côte ouest, où se déroule l'Irish Open.

"Il vient essentiellement visiter le complexe de golf qu'il possède, avec un passage à Dublin pour une visite de courtoisie", a déclaré à l'AFP Daniel Geary, professeur d'histoire américaine au Trinity College de Dublin.

Le milliardaire de 80 ans fait ouvertement la promotion des activités de golf de sa holding familiale depuis son retour à la Maison Blanche pour un second mandat, en janvier 2025.

"Il envoie certainement le message qu'il s'intéresse passionnément aux affaires de sa propre famille", avance Richard Painter, professeur de droit à l'Université du Minnesota.

Pour l'universitaire, expert en éthique gouvernementale, le timing de la visite tombe mal : "Cela ne va pas aider le Parti républicain lors des élections de mi-mandat de voir le président parcourir ses terrains de golf et les promouvoir auprès des plus fortunés, alors que d'autres personnes peinent à joindre les deux bouts".

Ce mélange des genres, Donald Trump l'avait déja pratiqué à l'été 2025, en recevant le Premier ministre britannique Keir Starmer et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans son complexe écossais de Turnberry.

La présence de M. Trump à Doonbeg, un site côtier isolé du comté de Clare acheté par la Trump Organization en 2014, vient compliquer le dispositif de sécurité.

Quelque 40.000 spectateurs sont attendus sur le site pendant le week-end. Le joueur vedette de la compétition est Rory McIlroy, six fois vainqueur d'un tournoi majeur et actuellement deuxième joueur mondial.

Ce golfeur nord-irlandais, qui a déjà joué avec Donald Trump, a déclaré cette semaine que la présence de ce dernier rendrait le tournoi "différent". "Mais nous sommes là pour disputer un tournoi de golf, le parcours est bon, et nous devons rester concentrés et jouer", a-t-il déclaré à la BBC.

Le président américain pourrait choisir de remettre lui-même le trophée au vainqueur dimanche soir.

"Nous avons de nombreuses réunions avec des dirigeants européens et d'autres, donc ce sera une période très intéressante", a déclaré Donald Trump vendredi soir à son départ à bord d'Air Force One.

Après son arrivée à Dublin, le président américain doit s'entretenir samedi matin avec le Premier ministre Micheal Martin, qu'il a reçu deux fois dans le Bureau ovale et avec lequel il semble entretenir de bonnes relations.

Le Moyen-Orient, notamment la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, les droits de douane américains sur les produits pharmaceutiques européens et l'immigration devraient figurer parmi les sujets abordés.

Les positions du gouvernement irlandais divergent de celles de l'administration Trump sur plusieurs dossiers, notamment la question palestinienne, dont Dublin est l'un des plus fervents soutiens en Europe.

L'Irlande a été l'un des premiers pays à sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie. La France, le Royaume-Uni et le Canada ont annoncé des sanctions similaires cette semaine.

Autre point d'attention : la rencontre avec Mme Connolly. Figure de la gauche anti-Otan, la présidente irlandaise a ouvertement critiqué le dirigeant américain par le passé.

"Elle avait manifesté contre sa dernière visite en 2019, et ses partisans s'attendent à un geste. Mais elle sait aussi qu'elle ne doit rien faire ni dire qui puisse nuire aux relations" entre les deux pays, souligne Eoin O'Malley, politologue à la Dublin City University, qui prédit un entretien "bref et courtois".

En attendant, la note risque d'être salée pour Dublin. Le dispositif de sécurité pour l'ensemble de la visite de M. Trump est évalué à 20 millions d'euros

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