Depuis le début du conflit à la fin du mois de février, l’Agence France-Presse a mobilisé l’ensemble de ses capacités humaines, éditoriales et techniques pour couvrir une guerre sans précédent : opérations militaires simultanées, bataille informationnelle et circulation massive de contenus générés par intelligence artificielle, dans un environnement marqué par les coupures internet, les restrictions d’accès et la désinformation.
Sur le terrain : la valeur décisive de la présence physique
Quand les premiers missiles ont frappé Téhéran, l'AFP a rapidement confirmé le début du conflit avec la première dépêche depuis la capitale iranienne, fournissant aux rédactions internationales un reportage vérifié, ancré sur le terrain, au fil des événements. L'AFP est l'une des rares organisations de presse internationales à maintenir une présence permanente à Téhéran, ses journalistes ayant continué à travailler malgré les explosions à proximité de son bureau et des coupures internet quasi permanentes.
Cette présence repose sur le réseau sans équivalent de journalistes de l'AFP en Iran et dans toute la région, constitué au fil des années grâce à un travail de long terme sur les sources et à un reportage de terrain continu. Dans des environnements où l'accès dépend de la confiance, de la continuité et de l'expertise locale, ce réseau a réussi à obtenu des résultats concrets :
L'AFP a signé la première dépêche depuis Téhéran confirmant le déclenchement du conflit, ancrant la couverture mondiale dans un reportage de terrain.
L'AFP a été la première agence de presse mondiale à annoncer la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei.
À la suite des reportages exclusifs de l'AFP, dont des images vérifiées d’attaque de l’ambassade américaine à Ryad, l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite a accordé à l'AFP un entretien exclusif, largement repris dans le monde entier.
- Les premières images vidéo vérifiées de la frappe sur le terminal gazier de Ras Laffan au Qatar, parmi les contenus les plus téléchargés du conflit.
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, s'exprime lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Ryad, le 5 mars 2026. © Fayez Nureldine / AFP
Documenter la guerre, mais aussi le quotidien
Au-delà des frappes et des annonces officielles, les équipes de l’AFP s’attachent à montrer les répercussions de la guerre au quotidien. À Téhéran, des images documentent une ville sous tension, où les cafés restent ouverts malgré la peur et les coupures de réseau. Au Liban, dans les quartiers sud de Beyrouth et les zones frontalières, les journalistes filment les scènes de vie dans les abris, entre retours prudents de familles déplacées et instants de répit fragile au fil des annonces de cessez-le-feu temporaires.
Ces scènes, souvent invisibles lorsque l’accès est restreint permettent de rendre compte de l’impact humain du conflit dans la durée : non seulement ses moments emblématiques, mais la réalité vécue par des populations qui traversent une guerre qui se poursuit.
Deux pétions passent devant un panneau d'affichage géant sur lequel on peut lire « Le détroit d'Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 22 avril 2026. © Atta Kenare / AFP
Washington : décrypter le pouvoir en temps réel
À Washington, la présence historique de l'AFP au cœur des institutions américaines permet de rapporter et de contextualiser en temps réel les décisions du pouvoir. Lorsqu'un échange téléphonique intervient entre Danny Kemp, correspondant AFP accrédité à la Maison Blanche, et Donald Trump, juste après l'annonce d'un cessez-le-feu, l'Agence est en mesure d'en restituer immédiatement les enjeux et les implications.
Cette capacité à associer réactivité et mise en perspective éclaire les choix diplomatiques, militaires ou économiques pris à huis clos, et leurs répercussions directes sur le terrain au Moyen‑Orient comme sur les marchés mondiaux.
Le président américain Donald Trump, aux côtés du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth et du général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, s'exprime sur le conflit en Iran à la Maison Blanche, le 6 avril 2026. © Brendan Smialowski / AFP
La vérification comme ligne de front : l'AFP, leader du fact-checking, face à la désinformation à l'ère de l'IA
La guerre en Iran marque un tournant dans la propagation de la désinformation. Pour la première fois à cette échelle, 25% des contenus signalés aux équipes de fact-checking de l’AFP sont générés ou manipulés par intelligence artificielle.
Images de jeux vidéo présentées comme des bombardements réels, fausses photos de pilotes américains capturés, mise en scène virale de prétendues funérailles d’écoliers iraniens : ces contenus circulent à grande vitesse. Les équipes de l'AFP ont identifié, analysé et démenti ces fabrications en temps réel, image par image, en s'appuyant sur l'analyse en sources ouvertes et une expertise en langue farsi :
- 650 articles de fact-checking publiés en 6 semaines
- +200 vidéos UGC vérifiées et diffusées auprès de 200 chaînes de télévision mondiales
- 25% des contenus signalés étaient générés par intelligence artificielle
Le photojournalisme en production continue : 24 h/24, 7 j/7
Dans une guerre où l'accès au terrain est parmi les plus restreints de ces dernières années, l’AFP A maintenu une production visuelle de l'AFP en continu. Sa force tient à la combinaison des formats : photographie et vidéo depuis le terrain, imagerie satellite documentant les zones inaccessibles, contenus générés par les utilisateurs traités selon les mêmes standards éditoriaux que les productions propres de l'agence.
Les journalistes de l'AFP sont présents aux moments clés. En témoignent les images exclusives du consulat américain à Riyad après une frappe de drone iranien ont été distribuées dans le monde entier, apportant une confirmation visuelle d'un événement que la plupart des organisations ne pouvaient que décrire. L'AFP a également obtenu les premières images liées à l'attaque contre le terminal gazier de Ras Laffan au Qatar, devenues l'un des éléments visuels les plus utilisés au début du conflit. Enfin, une photographie rare d'un navire de guerre dans le détroit d'Ormuz, prise au début des hostilités, a été reprise par des médias internationaux, dont le New York Times.
Un dispositif “follow-the-sun" a assuré une production continue entre l'Asie, l'Europe et les Amériques.
Un panache de fumée s'élève d'un immeuble touché par une frappe aérienne israélienne dans le quartier d'Abbasiyeh, à la périphérie de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 8 avril 2026. © Kawnat HAJU / AFP
Data, OSINT et journalisme de preuve
En parallèle, l’AFP mobilise ses équipes Data et spécialisées dans le renseignement d’origine sources ouvertes (OSINT) : analyse de données publiques, d’images satellites, de flux maritimes et de contenus accessibles en ligne.
Ce travail permet de produire des alertes précises sur des zones devenues inaccessibles. Les équipes détectent en temps réel les premières traversées du détroit d’Ormuz après l’annonce d’un cessez‑le‑feu début avril, puis suivent les mouvements de navigation commerciale dans la zone. Ces éléments nourrissent la couverture économique mondiale et permettent de confronter les déclarations officielles à des faits observables.
Informer quand la vérité est sous pression
Le conflit iranien ne constitue pas seulement une crise géopolitique majeure. Il représente un test grandeur nature du journalisme à l’ère de l’intelligence artificielle.
Dans un environnement saturé d’images, de faux et de narratifs concurrents, l’AFP démontre que l’information fiable repose sur des fondations inchangées : présence humaine, rigueur éditoriale, vérification systématique et organisation collective. C’est ce choix, assumé chaque jour, qui permet à l’Agence de continuer à informer lorsque la vérité est sous pression.