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Triple assassinat de Grande Synthe. L'avocate Isabelle Steyer engage la responsabilité de l'Etat pour défaillance grave des services policiers et judiciaires


Sur la place du marché de Grande Synthe, le 4 août 2014, Patrick Lemoine abat à bout portant Isabelle Thomas et ses parents avant de se suicider en prison.

Patrick Lemoine était déjà sous contrôle judiciaire pour avoir tenté d'étrangler Isabelle Thomas le 27 juin 2014.
Suite à ce contrôle judiciaire, Isabelle Thomas avait déposé des nouvelles plaintes et mains courantes, jamais suivies d'effet.


Patrick Lemoine tente d'étrangler sa compagne Isabelle Thomas, ce que constate un médecin, la bourre de coups de pied et la menace de mort. Elle porte plainte à Condé sur l'Escaut et Patrick Lemoine est soumis à un contrôle judiciaire en attendant son procès fixé au 13 août 2014 avec interdiction d'entrer en contact avec Isabelle Thomas. Malgré l'extrême gravité des faits, seuls des coups et blessures sont reprochés à Patrick Lemoine et non la tentative d'homicide.

Il ne respecte pas son contrôle judiciaire, rôde autour du domicile d'Isabelle Thomas, de l'établissement scolaire où elle est professeur, lui téléphone sans cesse, l'inonde de sms.

Isabelle Thomas dépose des mains courantes dans différents commissariats et signale que Patrick Lemoine ne respecte pas son contrôle judiciaire mais on lui répond d'attendre le procès. Une dernière plainte est déposée le 21 juillet au commissariat de Valenciennes et transmise directement au Parquet.

Tous les signaux vitaux d'alerte sont là. Mais ni la police, ni la justice ne bougent malgré le harcèlement continu pendant les cinq semaines qui précèdent les assassinats.

Terrorisée par Patrick Lemoine, Isabelle Thomas se réfugie chez ses parents. Le 4 août 2014, alors qu'ils se rendent en voiture à la plage de Boulogne sur Mer en passant par la place de Grande Synthe, Isabelle Thomas remarque que Patrick Lemoine les suit en voiture.

Elle appelle le 17 et demande de l'aide, donne tous les détails, lieu de la poursuite, identité de l'auteur, arme à feu, mise en joue. On lui répond qu'elle peut se rendre au commissariat qui est tout proche. Elle les presse d'intervenir, répète qu'il est armé, qu'il va les tuer. Elle hurle : « il va tuer maman ! ». Les secours l'écoutent, entendent les détonations, les cris de détresse, vivent en direct la mort de la mère d'Isabelle Thomas. Isabelle hurle : « Il a tué maman ! ». Puis ils entendent les coups de feu tirés sur le père d'Isabelle Thomas et enfin ceux qui causent la mort d'Isabelle. Ils ne bougent pas. L'appel a duré 4 minutes et demi et a été enregistré.

Patrick Lemoine passe la frontière belge et se réfugie chez son ex-femme où il vivait depuis sa séparation. Pour son contrôle judiciaire, l'adresse fournie était située à cinq cents mètres du domicile d'Isabelle. Il est arrêté fin août et tente de se suicider. Il n'est malgré tout pas placé dans un quartier de haute sécurité. Il se tue en prison en octobre 2014.
Encore une faute, pénitentiaire celle-là.

Que constate-t-on ? Que Patrick Lemoine s'est senti surpuissant puisqu'aucun obstacle ne lui a été opposé et qu'Isabelle Thomas n'a jamais été protégée.

Isabelle Steyer, avocate de la partie civile, veut engager la responsabilité de l'Etat français pour les défaillances graves des services judiciaires et policiers sans lesquels Isabelle Thomas et ses parents n'auraient pas été tués. La défaillance pénitentiaire a empêché la tenue du procès.
Cette action se tiendra d'abord devant les juridictions administratives puis, les recours épuisés, devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme.


Suite au décès de Patrick Lemoine, la procédure pénale a pris fin. Pendant près d'un an, Isabelle Steyer réclame par tout moyen copie du dossier.
Elle constate alors que l'ordonnance de non-lieu requalifie les faits d'assassinats en simples meurtres, donc sans préméditation. Pourtant, il a été démontré que Patrick Lemoine avait préparé son acte, ce qu'a reconnu le Procureur de la République de Dunkerque.

Isabelle Steyer a engagé une action en requalification des faits devant cette chambre d'instruction. Cette action symbolique, elle la considère comme une forme de réparation pour la famille Thomas.

Aujourd'hui, c'est l'Etat qui doit répondre de ses fautes.

Isabelle Steyer est avocate au barreau de Paris, spécialisée en droit pénal et droit de la famille
Contact : + 33 6 14 37 13 45
isabellesteyer@wanadoo.fr
35, rue Etienne Marcel - 75001 Paris

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