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Entretien avec Maurice Chabert, Président du Conseil Départemental de Vaucluse


Maurice Chabert, ancien professeur de mathématiques, a été maire de Gordes pendant plus de trente ans. Depuis les dernières élections, il est Président (LR) du Conseil Départemental du Vaucluse, qui a été un fief de la gauche depuis quatorze années. Ses activités sont nombreuses puisqu’il est aussi Président de l’association des Plus beaux Villages de France et Président départemental du Centre de gestion de la Fonction publique territoriale.

Compte tenu de la diminution des dotations de l’Etat, le Département de Vaucluse a vu ses capacités d’investissement érodées. Quelles mesures envisagez-vous de prendre pour pallier cette insuffisance budgétaire ?

J’ai été élu à la tête du Conseil Départemental en avril 2015 et ai trouvé un compte administratif déficitaire de 13 millions d’euros. Par ailleurs, la baisse des dotations de l’Etat s’élève à 30%, soit, pour notre Département, environ 9 millions d’euros. Or, le coût du RSA, évalué à 90 millions d’euros en 2016, augmente de 10 millions par rapport à l’année précédente. Pour équilibrer le budget, il nous a donc fallu trouver 33 millions d’euros.

Avant mon élection, la précédente majorité était en place depuis 14 ans. Maintenant, nous réalisons des économies. Celles-ci ne sont que conjoncturelles et ne pourront se répéter sur plusieurs années. Si le gouvernement ne nous aide pas d’un point de vue structurel, notamment dans le domaine des dépenses sociales, il y aura un réel problème.

Le gouvernement a dû débloquer fin 2015 50 millions d’euros pour aider 10 départements en état de quasi-faillite. En 2016, 40 à 50 départements se trouvent dans cette situation, de même que de nombreuses communes. Les charges et les dépenses d’investissement sont donc à répartir sur les investisseurs.

Chaque année, le Conseil départemental emprunte de 25 à 30 millions d’euros. En 2016, cet emprunt passe à 50 millions d’euros. L’aspect positif est que nous sommes financièrement crédibles et disposons de capacités d’emprunt. Néanmoins, ceci ne pourra se répéter que pendant deux à trois années et nous permettra de réaliser des investissements à hauteur de 100 millions d’euros. C’est indispensable car nous avons besoin que les entreprises s’installent et restent, le Vaucluse étant classé comme le 7ème département le plus pauvre de France.

Le tourisme est un point fort du Vaucluse. Le dynamisez-vous ?

Nous le développons car, outre de magnifiques paysages, nous disposons d’un riche patrimoine, comme le Palais des Papes à Avignon ou le Théâtre antique d’Orange. D’ailleurs, le Vaucluse est le département le plus culturel de France qui attribue les plus importantes subventions culturelles. Pour le Festival d’Avignon, nous intervenons à hauteur de 650 mille euros, dans le cadre d’une convention de 3 ans, de même que pour l’Orchestre Régional Avignon-Provence. Nous subventionnons aussi les Chorégies d’Orange, 42 festivals au total sur le territoire.

Nous voulons que le tourisme se déploie toute l’année et ne soit plus uniquement saisonnier afin de pérenniser les emplois des infrastructures touristiques. Pour ce faire, nous nous appuyons sur le cyclisme. Nous avons la chance que le Mont Ventoux par lequel passe le Tour de France le jour du 14 juillet 2016, se situe dans le Vaucluse. Notre projet est de faire venir 100 000 cyclistes entre septembre et fin novembre en créant des pistes pour tout niveau, VTT, cyclotourisme et véloroutes-voies vertes.

Aujourd’hui, nous sommes en période de transition : d’un département rural dédié principalement aux activités maraîchères, nous évoluons vers un département touristique, par la force des choses, les agriculteurs se paupérisant.

Quels sont les autres points forts du département sur lesquels vous travaillez ?

Pour aller de l’avant, nous valorisons le numérique et continuons le programme de très haut débit avec l’aide de la Région à hauteur de 10 millions d’euros, ce qui facilite la pratique du télétravail. Nous disposons aussi du TGV qui permet d’accéder rapidement aux grandes villes, dont Paris, Lyon, Bruxelles et Londres. Nous avons aussi à Avignon le « pôle Pégase » spécialisé dans les grands programmes industriels et de recherche dans le secteur de l’industrie aéronautique et spatiale, source de création d’emplois.

Un projet est en cours, LEO, liaison Est-Ouest, visant à contourner la ville d’Avignon pour rejoindre les deux autoroutes. C’est important pour tous les Vauclusiens mais difficile à financer car situé à la limite de deux régions et deux départements.

Vous êtes Président de l’association des Plus beaux Villages de France. Comment ces villages sont-ils choisis ?

L’association a été fondée à Gordes en 1982. Pour être sélectionné, un village doit remplir de strictes conditions : deux mille habitants en partie agglomérée, au moins deux sites classés comme monuments historiques … puis se soumettre à une expertise. Sur la base de ces éléments, nous sélectionnons environ cent villages par an. En miroir a été créée une association internationale « les plus beaux villages de la terre » dont les assemblées générales se déroulent partout dans le monde.

Nos atouts sont nombreux, nos activités variées. Nous préparons l’avenir d’un territoire qui va de l’avant.

Contact presse : Romain Lautier – Chef de Cabinet – romain.lautier@cg84.fr www.cg84.fr

Entretien avec Alexia Lecomte – Jean-François Puech Directeur de la Rédaction - Agence News Press - Décembre 2015

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