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Entretien avec Louis Vogel, Président de la Communauté d'Agglomération Melun Val de Seine - CAMVS


Louis Vogel, agrégé de droit, est avocat et Professeur d'université. Il a été président de l'université Panthéon-Assas et président de la Conférence des présidents d'université de 2010 à 2012.
Au sein du think tank le Club d'Iéna, qu'il a fondé et qu'il préside, il organise des débats juridiques et politiques avec des acteurs de la société civile.
Louis Vogel a été élu en 2014 à la présidence de la Communauté d'Agglomération de Melun Val de Seine et succèdera au Maire de Melun en avril 2016.


Deux nouvelles communes viennent d'être rattachées à la Communauté d'Agglomération Melun Val de Seine et une nouvelle carte intercommunale a été présentée par le Préfet. Quel impact et quelles sont les conséquences ?

Le 1er janvier 2016, la Communauté a en effet accueilli Saint-Fargeau-Ponthierry et Pringy, c'est-à-dire 8 nouveaux conseillers communautaires et plus de 15 000 habitants supplémentaires. Ce rapprochement était cohérent et répondait à la réalité du bassin de vie de Melun. Nous avons travaillé pendant près d'un an avec les élus de ces communes afin que leur arrivée se déroule dans les meilleures conditions. Sur ce point, nous sommes parmi les rares intercommunalités d'Île-de-France à avoir respecté les délais. Dans le même temps, par exemple, l'intégration de Sénart dans le grand Evry a pris beaucoup de retard en raison de l'hostilité d'une partie des élus.

Parallèlement, le 13 octobre dernier, le Préfet de Seine-et-Marne a présenté une nouvelle carte des intercommunalités. Ce nouveau schéma départemental prévoit le rattachement à la Communauté d'Agglomération de quatre communes supplémentaires. Cette proposition nous paraît positive car ces communes, Villiers-en-Bière, Limoges-Fourches, Lissy et Maincy, déjà intégrées au bassin de vie de Melun, vont dans le sens du projet de développement de la Communauté d'Agglomération.

En effet, Villiers-en-Bière renforce le cadre de vie et la ruralité du territoire de Melun Val de Seine. Limoges-Fourches et Lissy disposent sur leur territoire de terrains appartenant au pôle aéronautique du SYMPAV, leur présence dans la Communauté Melun Val de Seine rendrait d'autant plus cohérent le projet de développement de ce pôle. Quant à la commune de Maincy, c'est sur son territoire que se trouve le château de Vaux le Vicomte. Ce patrimoine historique renforcerait, avec le Musée de la Gendarmerie, le Musée Safran, le Musée de Melun, le poids touristique de la Communauté alors que celle-ci s'apprête à récupérer la compétence tourisme.

Comment conjuguez-vous la qualité de la vie et le développement économique de l'agglomération ?

Ce qui fait vivre un territoire, ce qui assure son développement, c'est la combinaison entre qualité de vie, mobilité et développement des atouts économiques. Il y a encore un aspect important, c'est l'enseignement supérieur qui se développe à Melun.

En ce qui concerne le premier point, la Communauté Melun Val de Seine a élaboré son Contrat de Ville, qui se structure autour de trois grands volets : d'une part la cohésion sociale (santé, culture, éducation, lien social), d'autre part l'emploi et le développement économique, enfin le cadre de vie et le renouvellement urbain (gestion urbaine de proximité, prévention de la délinquance et sécurité, tranquillité publique, rénovation des quartiers).

Sans mobilisation sur l'économie, un territoire décline. Nous voulons lutter contre cela et c'est pourquoi nous faisons porter nos efforts sur trois axes de développement : le développement touristique, économique et universitaire.

Comme je le disais, notre territoire est riche en musées et nous souhaitons développer cette activité. Un exemple en est le nouveau Musée national de la Gendarmerie en lien avec l'Ecole des officiers de la gendarmerie nationale située à Melun depuis 1945. Ce musée, dans lequel la Communauté a investi 8 millions d'euros, vise à présenter l'Histoire de France à travers celle de la gendarmerie. Le projet global vise à réaliser un réseau touristique reliant les musées de notre territoire, tels que le Musée de la Gendarmerie nationale, le Musée Safran de l'aéronautique à Villaroche, qui est peu connu, le Musée de Melun et le château de Vaux le Vicomte. Le Musée de Melun doit faire l'objet d'une réflexion. Il pourrait être axé sur la sculpture, centré sur les créations d'Henri Chapu, originaire de Melun. Nous pourrions alors développer des partenariats avec d'autres musées, comme le Musée Rodin, afin de réaliser des échanges.

En ce qui concerne l'économie, le projet de développement est centré sur Villaroche et son pôle industriel. Là se trouve notamment la Snecma. Ce pôle d'activité aéronautique, qui s'étend sur 450 hectares et 280 hectares pour l'aérodrome, est le deuxième pôle d'activité en Île-de-France. Il emploie 6 500 personnes.

Nous développons également d'autres zones d'activité économique sur le territoire afin d'accueillir de nouveaux emplois dans une agglomération qui concentre une part non négligeable des emplois du département.

L'offre a été adaptée pour les PME et les artisans en collaboration avec la Chambre des Métiers. Cela correspond à des besoins locaux : la création d'emploi doit se faire sur place.

A l'intersection de la préoccupation environnementale et économique, nous mettons en place une unité de méthanisation. Cette technique consiste à produire du gaz alimentant le réseau GRDF à partir de la fermentation de produits organiques comme des produits végétaux impropres à la consommation. C'est pourquoi, nous avons voté la création d'une société d'économie mixte locale, Bi-Métha 77, pour construire un méthaniseur. Le projet, estimé à 12,5 millions d'euros, est une première en France. C'est une action forte qui positionnera l'agglomération comme un acteur important du développement durable.

Comme vous le savez, l'économie va de pair avec l'attractivité et les moyens de transports. Nous avons voulu valoriser la proximité de Paris car la gare de Melun est située à 25 minutes de la capitale. A l'horizon 2020, un quartier d'affaires connecté à un pôle innovant d'échanges multimodal (train/RER/bus) sera installé. L'ambition est de créer un lieu de vie attractif, riche de sa diversité, avec une dominante d'activités tertiaires. L'offre intégrera des services et des commerces au rez-de-chaussée des immeubles, de l'hôtellerie de tourisme et d'affaires avec salles de séminaire, des logements de Haute Qualité Environnementale et des sièges sociaux.

Nous accueillons le très haut débit sur le territoire. Ceci a conduit à la conclusion en 2013 entre l'Agglomération et Orange d'un plan de déploiement du réseau FTTH, Fiber To The Home (en français : fibre optique à domicile) pour une réalisation d'ici 2019.

Vous évoquiez l'enseignement supérieur en mettant en avant un particularisme de la Communauté d'Agglomération. De quelle nature est-il ?

L'attractivité universitaire constitue une particularité de Melun. Le développement des villes nouvelles (à l'époque Melun-Sénart) s'est accompagnée de la création d'universités rattachées à des universités mères parisiennes. Ainsi, l'université de Melun, filiale de Paris II-Assas (l'une des universités majeures en France) a, à la différence de beaucoup d'autres, conservé le lien avec Paris. Les étudiants ont d'excellentes conditions de travail et sont moins nombreux que dans les amphis parisiens. Ils passent trois ans à Melun avant de rejoindre Paris pour finir leur cursus à partir du master 1 et acquérir le diplôme d'une université de droit et d'économie prestigieuse, plus compétitif sur le marché de l'emploi.

Pour agrandir l'université, nous venons d'acquérir, avec Paris II, l'ancien IUFM de Melun qui a fermé ses portes. Aujourd'hui, nous refusons 3 500 étudiants en droit et 3 000 étudiants économie gestion par manque de place. C'est pourquoi nous voulons nous agrandir, tout en préservant des places pour l'éventuelle implantation d'une autre université. L'objectif est de faire de Melun un campus universitaire complet intégrant la médecine, les sciences, le droit, l'économie et la gestion aux portes de Paris, et ce sous l'égide d'universités parisiennes.

L'objectif est également de faire que le pôle universitaire entraîne l'arrivée de chercheurs, de laboratoires et d'entreprises qui auront besoin à proximité de diplômés de haut niveau et d'augmenter ainsi l'attractivité de cette région d'Ile de France.

C'est cet ensemble d'actions que nous menons pour le territoire et la population de toute notre agglomération.

Contact Presse : Arthur SAILLOUR - arthur.saillour@camvs.com

Propos recueillis par Alexia Lecomte pour News Press - Jean-François Puech, Directeur de la Rédaction

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