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Entretien avec Jean-Michel Nicolle, directeur de l'EPF, une autre école Polytechnique.


Professeur agrégé d'économie et gestion et diplômé d'expertise comptable, Jean-Michel Nicolle se retrouve très vite dans le monde de l'édition et de l'enseignement.

C'est à l'Institut national des techniques économiques et comptables (INTEC) du Cnam, qu'il participe à la création d'une collection de produits pédagogiques numériques "Intec Média" avant d'être nommé à la direction de l'Institut. Il s'engage dans le développement du volet international en coopération étroite avec la profession comptable française. Cette promotion du modèle français d'éducation reste une dimension importante de son engagement aujourd'hui encore avec la valorisation de l'excellence des formations d'ingénieur et la qualité du système pédagogique de nos écoles.

Depuis 2008, Jean-Michel Nicolle dirige l'EPF, une école d'ingénieurs présente en France et à l'International. En 2014, il prend la présidence du Réseau n+i qui vise à valoriser l'offre internationale de formation des écoles françaises d'ingénieurs puis en 2015, il est élu à la présidence de l'UGEI (Union des grandes écoles indépendantes).
Il est aussi membre de la commission permanente de la CDEFI (Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs).


Vous êtes à la tête d'une grande école d'ingénieurs. Quelle est sa particularité ?

L'EPF est avant tout une école d'ingénieurs généraliste qui forme en cinq ans des ingénieurs associant une forte culture scientifique et technologique à une expertise de spécialité dans les principaux domaines tels que la mécanique, l'énergie ou encore les systèmes d'information. Cette formation vise à préparer des professionnels aptes à aborder des problématiques complexes et transversales dans la grande majorité des secteurs industriels ou de services.

L'Ecole est actuellement implantée sur trois sites géographiques : le campus de Montpellier, ouvert il y a quatre ans, accueille aujourd'hui près de 500 élèves mais appelé à se développer rapidement, l'établissement de Troyes basé sur le campus de l'UTT, en association avec cette université et ses excellents centres de recherche, enfin celui de Sceaux qui accueille 1 200 élèves au coeur de la ville.
L'EPF, Ecole Polytechnique Féminine, a été créée en 1925 à l'époque où les femmes avaient difficilement accès aux formations d'ingénieur et à fortiori à l'Ecole Polytechnique ! Aujourd'hui, les jeunes femmes représentent un peu moins de 40% de l'effectif de l'EPF, soit un taux de mixité exceptionnellement élevé par rapport aux écoles d'ingénieurs nationales.


L'EPF se situe-t-elle dans la lignée du modèle américain ?
L'originalité du modèle français dont l'EPF se revendique, c'est d'une part son haut niveau d'exigence scientifique et technique et d'autre part sa proximité avec les le monde industriel. De plus, à l'EPF, nous cultivons un fort esprit d'ouverture et de coopération, nous favorisons un accès large aux activités extra-scolaires et surtout nous valorisons l'esprit d'appartenance et l'engagement, ce qui nous rapproche, en effet, de la culture des établissements outre-Atlantique.
Nos élèves disposent d'une grande liberté dans le choix et la préparation de leur future carrière, grâce à nos 150 partenaires dans 47 pays, un semestre au minimum à l'étranger, deux formations binationales, franco-allemande et franco-canadienne, des réseaux à l'étranger. Ainsi, nos élèves peuvent trouver leur place dans de nombreux établissements en Europe comme à Stuttgart, Munich, Londres, Brno ou Bilbao et dans le monde, à l'université de Sherbrooke ou North Florida, à Taiwan ou, plus récemment, à Georgia Tech et bien d'autres encore.

Cette approche globale de leur activité se conjugue dans des cultures différentes qui les préparent déjà à leur futur emploi à l'international. Près de 20% des anciens élèves travaillent à l'étranger. J'étais récemment en Chine pour signer de nouveaux accords, par exemple avec l'université de Tianjin, et mettre en place de nouvelles coopérations.
Au Royaume-Uni, nous renforçons nos liens avec plusieurs universités du pays et offrir ainsi des possibilités de parcours bi-diplômant dans chacune de nos filières.

Le classement de Shanghai met en relief une concurrence internationale. Comment se situe l'EPF ?
Les établissements français sont globalement peu visibles dans ce type de classement principalement fondé sur la taille. Je suis conscient du fait que l'enseignement supérieur est au coeur de la mondialisation et que les enjeux économiques sont importants. Ce phénomène touche l'ensemble des universités et des centres de recherche de notre pays mais nos écoles d'ingénieurs présentent des atouts certains. Il nous faut donc promouvoir collectivement notre offre.

C'est d'ailleurs l'un des sens de mes engagements comme Président du réseau N+i et de l'Union des grandes écoles indépendantes (UGEI) mais aussi au sein de la Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI), autant d'institutions qui se consacrent à promouvoir nos établissements, leurs formations et leur recherche auprès des étudiants étrangers. La France a toutes ses chances dans cette compétition internationale car il existe un modèle français internationalement reconnu pour la formation des ingénieurs et ce modèle s'exporte avec succès.

3) En quoi consiste le modèle français de formation des ingénieurs et comment s'exporte-t'il ?Ce modèle repose sur une formation polyvalente de haut niveau. Grâce à cette polyvalence, l'ingénieur est en mesure d'appréhender les différents aspects d'un projet complexe. Il est capable de le gérer dans son intégralité, tant dans ses aspects techniques, qu'économiques, managériaux. Sa capacité de conception mais aussi son opérationnalité lui donnent une capacité d'innovation et d'action exceptionnelle, ce dont les sociétés développées mais aussi les économies émergentes ont particulièrement besoin. Les entreprises apprécient l'« agilité » de confèrent nos formations d'ingénieurs et qui permet de réussir des hybridations avec d'autres cursus. Nous avons ainsi mis en oeuvre une formation conjointe avec l'ESC Troyes dédiée à l'innovation et l'entrepreneuriat et proposerons à la prochaine rentrée avec une autre école de management, l'ICD, une offre originale « Tech Sales Management » destinée à offrir à nos entreprises des spécialistes de la distribution nationale et internationale de biens et services technologiques.
Nos formations d'ingénieurs sont innovantes, créative, pragmatiques et différentiées. Pour ma part, je considère que leur clarté, leur modularité et leur polyvalence sont singulières et se révèlent un véritable atout pour l'avenir. Mais il faut qu'elles soient plus largement soutenues par l'Etat mais aussi nos entreprises.

Dans cet univers fortement identitaire, l'EPF peut mettre en avant son histoire qui modèle en partie son action, ses liens étroits avec la recherche, la grande variété de ses propositions de cursus mais aussi l'attention portée à chaque élève pour qu'il puisse révéler ses talents et se placer sur la meilleure trajectoire de carrière professionnelle. C'est la raison pour laquelle nous ne cessons d'évoluer et internalisant et partageant les meilleures expériences de notre environnement et ainsi inventer un modèle de formation toujours plus performant. Cette ingénierie à laquelle nous formons est aussi au coeur de notre politique et inspire le pilotage de notre action.

L'attractivité de nos écoles et en particulier l'EPF, notamment en Asie, est de proposer une offre de formation largement ponctuée de projets, plusieurs stages intégrés dans le cursus pour obtenir, après 5 années d'études, un diplôme d'ingénieur reconnu internationalement et le grade de master. C'est une excellente alternative aux offres de formations nationales pour des étudiants étrangers qui souhaitent garantir leur investissement en formation.Et pour nos entreprises, le rayonnement de nos écoles contribue à former les ingénieurs internationaux dont elles ont besoin pour accompagner leur croissance.

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