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Entretien avec Jean-Claude Leblois, Président du Conseil Départemental de la Haute-Vienne


Jean-Claude Leblois (PS), Président du conseil départemental de la Haute-Vienne depuis le 2 avril 2015, commence sa carrière dans l'éducation nationale, d'abord comme enseignant de lycée professionnel, puis dans la direction d'établissements scolaires. Sa carrière politique le conduit à la présidence de la Communauté de communes de Noblat, à la mairie de La Geneytouse , puis comme Conseiller général du canton de Saint-Léonard-de-Noblat.

Est-il nécessaire, selon vous, de recentraliser le versement du RSA ?

Les trois allocations individuelles de solidarité sont le revenu de solidarité active (RSA), l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH). Aujourd'hui, le RSA est versé par les départements. Cette allocation procède de la solidarité nationale, alors que son versement est départemental. Ce n'est pas logique : elle doit revenir à l'Etat.

C'est la position que j'ai défendue lors du Congrès de l'Assemblée des Départements de France à Troyes, car le rôle de chacun est différent. L'Etat doit être centralisateur et verser le RSA dont le montant est le même pour tous les départements. Quant au département, il doit être maître d'ouvrage dans l'accompagnement et l'insertion, dans leurs financements et leur mise en oeuvre.

Aujourd'hui se pose un problème très concret: le montant du RSA augmente et le nombre des bénéficiaires aussi ; cette situation doit être maîtrisée pour ne pas mettre en péril l'équilibre financier des départements.

Nous sommes engagés aux côtés des bénéficiaires et avons mis en place un programme départemental d'insertion (le PDI) dans lequel sont présentés tous les dispositifs d'accompagnement personnalisé.

En application de la loi NOTRe, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) sera versée pour 50% aux régions. De plus, les dotations de l'Etat seront diminuées. Comment compenserez-vous ces moins-values ?

Cette disposition a reçu le soutien des Présidents de Régions. Il est certain que, pour nous, Présidents de Départements, c'est une importante moins-value. Je suis favorable à cette disposition si les recettes supprimées sont équivalentes à des dépenses supprimées ; nous ne le saurons que dans le courant de cette année 2016 qui verra l'application de la loi.

Quant à la baisse des dotations de l'Etat, cela me semble naturel, relevant de la solidarité nationale. Nous devons travailler autrement mais nous devons continuer à investir ; notre chance est d'avoir une situation financière saine, sans endettement, qui nous permet des perspectives d'avenir.

Notre investissement porte sur l'amélioration et le maintien en bon état de nos infrastructures routières, scolaires, etc... et sur l'aide aux communes et communautés de communes.

Un élément essentiel est aussi l'accès au numérique pour tous qui correspond à une attente de la population. C'est pourquoi une partie de notre investissement porte sur le plan d'aménagement numérique dont l'objectif est une couverture totale du département.

Pour aider des personnes isolées en perte de dépendance, une vingtaine de communes ont créé des « logements adaptés » avec l'accompagnement financier du département. Ces projets impactent positivement l'emploi ; ils ont aussi un lien avec le maintien des commerces de proximité. De façon générale, le centre d'un bourg doit être vivant pour favoriser le contact et la parole.

Quels sont vos principaux projets ?

Notre principal projet routier est l'aménagement de la nationale 147 reliant Limoges à Poitiers à deux fois deux voies en renforçant la sécurité et la qualité du trajet et appuyant sur l'environnement.

C'est aussi la LGV qui reliera Paris et Limoges en 2 heures. Notre principal objectif est le gain de temps mais aussi la connexion au réseau européen ; c'est une autre façon de raccorder la Haute-Vienne à l'Europe. Cette ligne n'a pas le même objectif que la ligne intercités POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) qui doit être conservée ; elles sont complémentaires.

Aider la filière agricole constitue aussi une de nos priorités ; c'est pourquoi nous finançons, en partenariat avec la Chambre d'Agriculture qui référence les producteurs, une plateforme Agrilocal dont le but est de promouvoir les circuits courts et développer l'agriculture de proximité.

Nos priorités vont aussi vers l'environnement ; notre revue, le dernier mag' de la Haute Vienne fait un tour d'horizon des initiatives locales montrant que chaque citoyen peut agir, doit en être conscient et faire un effort personnel en la matière.

Ainsi est introduit le fauchage raisonné afin que l'entretien des bords de route se fasse le plus tard possible avant que cela ne devienne dangereux, et non plus pour des raisons esthétiques, ce qui permet à l'herbe d'être moins rase. Nous avons aussi introduit des panneaux photovoltaïques sur des aires de covoiturage et aidons financièrement à la rénovation énergétique et écologique des bâtiments.

Notre département est actif, vivant, en capacité d'investir et nous impliquons nos administrés qui font la vie du territoire.

Contact presse : Claire Maurice - Département de la Haute-Vienne - 05 44 00 12 41 - claire.maurice@haute-vienne.fr - www.haute-vienne.fr

Propos recueillis par Alexia Lecomte - Jean-François Puech -Directeur de la Rédaction - Agence News Press - 2016

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