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Entretien avec Janos Havasi, Directeur de l'Institut Hongrois à Paris


János Havasi, vous êtes directeur du centre culturel hongrois. Quel est votre parcours, et comment s'est passée votre nomination ?

Avant de devenir directeur du centre culturel Hongrois, j'étais journaliste notamment reporter durant la guerre des Balkans. J'ai ensuite travaillé comme responsable des studios du Bassin des Carpates.

Depuis 2015, je suis à la Tête du Centre culturel de Paris. C'est une fonction à laquelle je suis très attaché car je suis convaincu que la culture est un des meilleurs moyens pour développer les relations internationales entre les pays et les peuples. La culture, c'est peut-être ce qu'il y a de plus profond.

Le centre accueille entre 600 et 800 personnes par mois et j'espère que, grâce aux initiatives de toute l'équipe, ce nombre va augmenter. Mon ambition est de prolonger l'action du centre en province en m'appuyant sur la communauté hongroise venue en France après la révolution communiste de 1956.

L'institut hongrois est l'un des plus anciens de Paris. Quelle est son origine et comment fonctionne-t-il ?

L'institut culturel Hongrois a été créé en 1927, ce qui en fait effectivement un des plus anciens de Paris. Nous sommes depuis 1986 dans cet immeuble du quartier Saint-Sulpice, qui était auparavant une maison d'édition. Liés depuis quelques années au ministère des affaires étrangères, nous dépendions avant du ministère de la culture.

Je suis le conseiller culturel de l'ambassade mais l'Institut culturel est indépendant et nous sommes libres de notre programmation. Seize personnes travaillent à l'institut. Il comporte une salle de concert qui dispose notamment de son propre piano à queue où nous proposons de nombreux évènements musicaux.

Nous avons aussi une salle de conférence pour organiser des présentations et des débats uniquement en français, un cinéma de 60 places, une bibliothèque avec plus de 12 000 ouvrages.

Enfin, nous disposons de deux espaces d'expositions qui peuvent assurer deux présentations simultanément.



Notre ambition est de participer à de nombreux évènements culturels en France, comme le salon du Livre, le festival d'Aubagne ou encore aider à l'accueil des étudiants.

Quelles sont les priorités de vos actions ?

Étant Amateur de violon et de danse, je souhaite mettre en avant ces deux disciplines en les reliant aussi au folklore et surtout mieux faire connaître l'histoire de mon pays. Par exemple, la Hongrie est souvent considérée comme une « colonie Autrichienne » ; or, c'est inexact car l'alliance austro-hongroise conclue en 1867 a toujours été un compromis !

Je reste dans la continuité du travail de mon prédécesseur. Par exemple, je suis très fier de deux expositions : l'une sur la déportation des jeunes après la guerre par l'URSS (entre 200 et 250 mille déportés), l'autre sur l'histoire de la réforme protestante en Hongrie. Cette exposition sera notamment visible à Nancy et à Tours.

Nous donnons aussi des cours de Hongrois ouverts à tous. Aujourd'hui, plus de 100 étudiants de tous âges apprennent le hongrois.

De façon générale, nous organisons trois évènements par semaine :des projections de films hongrois, des expositions de peinture et deux fois par mois la dégustation de gâteaux hongrois.

Quelles sont les liens entre la France et la Hongrie ?

Il existe de nombreuses associations d'amitié franco-hongroises partout en France, notamment à Aix en Provence, Strasbourg, Nice et Grenoble. Elles sont très actives organisent rencontres, dîners et toute sorte d'évènements propres à incarner et développer cette amitié entre nos deux communautés.

Il existe aussi des sections hongroises dans différentes universités, notamment Lille, Strasbourg et la Sorbonne Paris III avec laquelle nous collaborons depuis 1985. Cette université abrite le CIEH, centre interuniversitaire d'études hongroises, qui comporte une des rares bibliothèques franco-hongroise. D'ailleurs, les maisons d'éditions françaises traduisent et publient plus 90 livres hongrois chaque année. Elles suivent de près notre actualité littéraire et nous nous en réjouissons.

À Budapest, le nouveau directeur des Beaux-Arts fait jouer des opéras français datant de Louis XIV dans la volonté de renforcer les relations entre nos deux pays. Enfin, à Paris, nous collaborons avec les conservatoires des mairies du 5ème et du 6ème arrondissements, comme le conservatoire Jean-Philippe Rameau où nous présentons des oeuvres hongroises, notamment Toldi, oeuvre du Moyen-âge.

Que conseillez-vous de voir à un touriste français en Hongrie ?

Un des plus beaux lieux de Hongrie est le lac de Balaton au climat méditerranéen.



Vous faites partie du réseau de l'institut Balassi. Que pouvez-vous nous dire de ce réseau et quel est sa mission ?

En effet, nous faisons partie du réseau Balassi dont la mission est de promouvoir la culture hongroise partout dans le monde. Ce réseau est composé de 23 instituts dont le nôtre, principalement situés en Europe.
Nous faisons aussi partie de la Ficep (Forum des instituts culturels à Paris) et du Visegrad IV qui rassemble la République Tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne.

Elles facilitent les activités, les partages et permettent une meilleure collaboration entre les différents instituts.

Quels sont vos projets pour l'avenir ?

J'ai écrit plusieurs livres de reportages et réalisé de nombreux films documentaires. Aujourd'hui, c'est à notre jeunesse de reprendre le flambeau pour préserver et continuer à tisser inlassablement des liens entre nos deux très beaux pays.


Propos recueillis par Axel Puech et Antonin Labourel


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