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Abidjan 2017 : Entretien avec Jean Christophe Stephan Toussaint, Ministre de la Jeunesse et des Sports de l'Ile Maurice


Stéphan Toussaint comme on l'appelle à Maurice ne laisse pas indifférent. Vêtu d'un maillot orange, une sacoche en bandoulière, c'est en toute simplicité que le ministre me reçoit au sein de la maison des athlètes et des artistes mauriciens dans le village des Jeux de la Francophonie à Abidjan. Stéphan Toussaint est un passionné. L'avant-veille, il bondissait comme les plus fervents supporters à l'annonce de la médaille d'or remportée par Maurice en phase finale du concours de danse de création.


Stephan Toussaint, vous avez pris vos fonctions de Ministre de la Jeunesse et des Sports de l'Ile Maurice en début d'année. Etes-vous vous-même un sportif ?

Oui. J'ai toujours pensé que la pratique régulière d'une ou de plusieurs activités sportives était essentielle pour la formation de la jeunesse. Et en ce qui me concerne, j'ai fait beaucoup de sport pendant mes années d'études. Ainsi en athlétisme, j'étais un coureur de demi-fond (1500 mètres), je courrais parfois aussi les 5000 mètres. Et puis comme tous les gamins de l'Ile Maurice, on joue au football du matin au soir et je dois dire que je suis toujours un fan du ballon rond. Donc en quelque sorte je connais très bien le monde sportif et surtout l'esprit sportif.

Vous avez été enseignant, Comment êtes-vous entré en politique ?

J'ai été enseignant pendant 22 ans dans un collège au sein duquel, j'ai enseigné le français et la comptabilité. Je gérais aussi un club de théâtre les après-midis, et vous pouvez imaginer mon bonheur lorsque, le jury de la Danse de Création a primé la troupe Les Frères Joseph avec Di Sel, une chorégraphie rendant hommage aux Salines et à l'histoire du sel dans notre pays.

Sur la question de l'entrée en politique ; elle est simple. En 2001 j'ai rencontré un membre de mon parti actuel qui m'a invité à venir assister à une réunion du parti qui se tenait à Curepipe où j'habite. Cela a été une découverte et cela m'a convaincu de la nécessité d'un engagement politique. Depuis, j'ai occupé différentes fonctions parlementaires et c'est le nouveau premier ministre Pravind Jugnauth qui m'a appelé au sein de son cabinet pour être en charge des sports au plan national.


Au début de l'année vous vous fixiez un objectif, relancer tout l'environnement sportif, convaincre les Mauriciens qu'ils peuvent être une grande nation du sport et même être un pays d'excellence, où en est la situation ?

Au niveau de mon ministère, nous avons jeté les bases pour mettre à niveau les infrastructures sportives du pays. Les structures, devront également être pensées, lorsque cela sera possible pour être accessibles aux personnes handicapées ce qui un véritable enjeu pour la Francophonie comme nous avons pu le voir pendant les Jeux à Abidjan. Nous sommes en train de revoir nos politiques pour inviter, encourager plus de Mauriciens à pratiquer une activité sportive.
Nous avons à ce sujet un gros effort de communication à effectuer et la présence de nos artistes et de nos sportifs à Abidjan s'inscrit aussi dans le cadre d'une mobilisation en direction des jeunes. Quand je serais rentré à l'Ile Maurice la semaine prochaine, il y aura un grand événement que je vais préparer pour septembre et qui fera bouger les Mauriciens.
Le ministère des sports est fait pour les jeunes et pour les sportifs en premier lieu. Comme je le dis souvent les sportifs d'abord


Quel rôle peuvent jouer dans ce programme que vous vous êtes fixé les Jeux de la Francophonie et quel bilan tirez-vous de ces Jeux d'Abidjan ?

Le bilan est très bon en comparaison avec la dernière édition. Cette fois-ci nous rentrons à la maison avec une médaille d'or, une d'argent et 3 médailles de bronze, ce qui nous fait gagner 10 places dans le classement des médailles des Jeux de la Francophonie ; ici à Abidjan par rapport à Nice en 2013. Nous avons eu de belles performances en athlétisme et en judo avec 2 médailles dans ces disciplines. De plus, plusieurs de nos athlètes ne sont pas passés loin du podium. Avec l'encadrement, nous avons pu faire le point sur nos capacités dans plusieurs disciplines et les Jeux ont été très instructifs sur le plan de la préparation et de l'organisation. C'est très intéressant car cela nous offre une visibilité par rapport aux prochains Jeux des Iles de l'Océan Indien que l'Ile Maurice organisera en 2019. Nous y retrouverons des athlètes des pays francophones de la Région auxquels nous avons été confrontés.
La francophonie nous donne l'occasion de nous ouvrir à d'autres horizons, personnellement elle m'a permis d'avoir des expériences qu'éventuellement je pourrais mettre en pratique à l'Ile Maurice. J'ai pu aussi rencontrer mes homologues français, canadiens et des délégués d'autres pays.

On parle des sportifs, quels sont les témoignages que vous avez d'eux par rapport aux Jeux de la Francophonie d'Abidjan, notamment sur l'accueil ?

Dès le premier jour, les sportifs nous ont dit qu'ils étaient bien nourris et logés. Les dortoirs sont magnifiques et la nourriture est appréciée par notre équipe. Il est vrai que s'est posée la question des embouteillages, mais c'est le cas dans de nombreuses capitales et l'organisation a fait tout son possible pour soulager nos sportifs et nos artistes. Ils ont été pris en charge et transportés du village aux différents sites des compétitions dans des bus climatisés avec une priorité dans la circulation. Ils sont très contents, ça s'est très bien passé pour eux.

Vous considérez que ces Jeux d'Abidjan sont une réussite ?

C'est une réussite, bien sûr il y a des particularités africaines, c'est un aspect culturel : l'Africain voit les choses d'une façon, l'Européen d'une autre façon et les Iles encore d'une autre manière. Mais dans l'ensemble, le plus important c'est que nos sportifs et nos artistes ont été bien traités. Ils ont préféré ces Jeux à ceux de 2013. Nous avons ressenti un bon accueil de la part des organisateurs et aussi du public, ce qui est très important pour les compétiteurs. Sans encouragements, on ne peut pas se dépasser. C'est aussi une belle expérience collective. Bien sûr il y a les médailles mais aussi le facteur humain. Un groupe d'athlètes s'est constitué qui a vécu quelque chose en commun et qui saura être une référence, un point de repère et un appui pour tous nos athlètes en vue des Jeux de l'Océan Indien

On parle de la diversité et de l'unicité, les sportifs ont-ils ressenti cela ici ?

Oui, D'abord la diversité, elle apparaît dans notre propre délégation car nous avions des athlètes et des artistes qui proviennent de différents continents, avec différentes origines car l'Ile Maurice est un pays pluriculturel. La diversité, nous vivons cela tous les jours à Maurice et ls communautés ont toutes leur place dans notre pays.
Oui dans ces Jeux d'Abidjan la diversité était représentée par les pays africains, les pays européens, le Canada... Il fallait voir cette diversité lors de la cérémonie d'ouverture et sur tous les sites culturels et sportifs. Et comme on dit : on est tous un, et il y a la francophonie

Entretien avec Jean François Puech, directeur de la rédaction de NEWS Press

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