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Au fil de l'AFP

Décès de Pierre Bocev, grande figure de l'AFP

Pierre Bocev, grande figure de l'AFP et du Figaro, est mort lundi 7 octobre à 72 ans, chez lui à Baar dans le canton suisse de Zug d'un cancer.

Né à Skopje le 22 avril 1947, d'un père macédonien, Pierre avait été élevé à Vienne par sa mère autrichienne, dont le cabinet de dentiste se trouvait en face du lycée français, où il fit sa scolarité.

Entré à l'AFP comme journaliste local au bureau de Vienne, qui couvrait alors l'Autriche et tous les pays de l'Est satellites de Moscou, il fut successivement directeur du bureau de Stockholm, chef du desk allemand puis du desk étranger. Il part en 1983 diriger le bureau de Moscou. En août 1987, il rejoint Le Figaro et retourne à Moscou de 1989 à 1990, pendant le démantèlement du bloc de l'Est. Il est le correspondant du journal à Bruxelles de 1994 à 2003 puis à Berlin de 2003 à sa retraite en 2008.

Impressionnant par sa haute taille, il n’était jamais condescendant malgré son savoir et son expérience. Ce Français d'adoption était accueilli dans les briefings réservés aux journalistes allemands comme un des leurs. Expliquant de façon toujours limpide aussi bien les négociations américano-soviétiques sur le désarmement nucléaire que le démantèlement du groupe industriel allemand Siemens, il s'amusait à calibrer ses articles au mot près et pesait ses mots au trébuchet. Fin cuisinier, Pierre recevait à cœur ouvert, formant autour de lui une communauté d'amis dans chacun de ses postes.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a rendu hommage mercredi à « ce kremlinologue averti », saluant « la rigueur de ses analyses, fondées sur un savoir presque encyclopédique » . Dans une rare intervention en salle de presse de la Commission, il a déclaré que Pierre l’avait aidé, dès le début de sa carrière, « à trouver ma place et mon chemin en Europe» et n’hésitait pas à le critiquer et à orienter ses choix politiques.

Erudit, mélomane, Pierre partageait sa vie entre Baar et Paris et courait les concerts et les festivals de musique classique avec sa compagne Regula, une ancienne de l'AFP, morte d'un cancer en 2017. Pierre a lui aussi longtemps lutté contre la maladie, avant de partir « comme il l'a voulu, avec une Camel sans filtre dans une main et un verre de whisky dans l'autre », nous a annoncé son fils Sébastien.

L'enterrement aura lieu le 16 octobre à 9h30 à Baar.

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