Edito | Emmanuel Hoog - PDG de l'AFP

Missions accomplies !

À la lecture de notre rapport d’activité (disponible de manière dynamique sur afp.com), vous allez prendre connaissance de ce que fut notre quotidien en 2013 : une actualité forte, intense, traitée par des équipes mobilisées et engagées.
Dans un contexte global de crise de la presse écrite et de la surabondance réelle ou supposée de l’information, l’AFP a rempli toutes ses missions. Mais l’acquis n’est pas suffisant, il faut aussi inventer et innover. Nos axes stratégiques sont fixés : l’accélération de la production d’images et l’internationalisation de notre chiffre d’affaires. Désormais, le direct, que nous allons encore développer dans les mois à venir, est devenu une exigence. Le lancement d’une nouvelle offre sport -production d’excellence à l’AFP-, s’incarne aujourd’hui dans une nouvelle marque - AFP Sports - qui regroupe applications et fil sport autonome. Offres qui ont vocation à croître en 2014 pour répondre aux nombreux et divers besoins du marché.
Le développement de la langue anglaise, condition indispensable à l’accentuation de l’internationalisation du chiffre d’affaires marquera, après l’arabe et le portugais, un nouvel horizon.
Sur tous les continents, l’AFP déploie ses équipes pour couvrir toujours mieux l’actualité, gagner en notoriété et conquérir de nouveaux débouchés. Nous sommes à l’offensive.
Au prix d’efforts importants partagés par tous, les comptes sont à l’équilibre et les indispensables investissements assurés et assumés. Toutes nos équipes texte et multimédia à travers le monde travaillent désormais sur notre plate-forme de production multimédia Iris.
2014 sera l’année du déploiement d’une plate-forme multimédia pour nos clients, AFP-Forum. Jamais leur nombre n’a été aussi important. L’AFP gagne du terrain. Nous tissons avec eux de nouvelles relations. AFP dialog - outil d’échanges permanents entre les rédactions clientes et nos propres services - en est un exemple. Nous lançons de nouveaux partenariats en pénétrant, autre exemple, le terrain de l’animation web éditoriale grâce à notre filiale AFP-Services.
Surtout, vous allez découvrir aussi, à travers quelques couvertures rédactionnelles emblématiques ou, parfois même, anecdotiques, comment l’ensemble des équipes de l’Agence, le réseau rédactionnel avant tout bien évidemment, mais aussi les équipes techniques, juridiques, marketing et commerciales, communication, financières ou ressources humaines, se déploient, s’adaptent avec une réactivité et une compétence toujours confirmées au service d’une Information exigeante, authentifiée, indépendante.
Les équipes de l’AFP ont fait preuve en 2013 d’une force et d’un engagement à nul autre pareil, confirmant notre place : au premier rang
mondial ! Missions accomplies !

Bonne découverte et bonne lecture.

Philippe Massonnet - Directeur de l'information

Rémi Tomaszewski - Directeur Général

« L’AFP a un devoir de pédagogie, de profondeur, d’explication »

Quel bilan tirez-vous de l’année 2013 en termes de couverture?

2013 a démarré avec le Mali pour se terminer avec Mandela. Si les années précédentes étaient plus moyen-orientales, avec la vague des printemps arabes et la guerre en Syrie qui nous mobilise toujours, 2013 a été une année africaine, marquée par des sujets forts au Cameroun, au Niger, au Kenya, puis par les conflits en Centrafrique et au Soudan du Sud. Malgré les contraintes budgétaires, que subissent tous les médias d’information, nous avons pu envoyer de nombreux journalistes sur le terrain (21 spéciaux pour la mort de Mandela). L’Afrique va rester une de nos priorités pour les années à venir. Au-delà des conflits qui le traversent, ce continent est très dynamique et évolue vite dans les domaines économiques et sociétaux. Tant en termes d’actualité qu’en termes de développement, l’Afrique est une zone de croissance où il y a une vraie demande de la part des médias, notamment de contenus via la téléphonie mobile. En 2014, nous souhaitons encore améliorer notre couverture africaine, en particulier à destination des médias africains. Sur le plan rédactionnel, comme commercial, nous devons consolider l’avance que nous avons sur le continent, tant dans la partie francophone que dans la partie anglophone, en s’appuyant sur la longue expérience que nous en avons.

Sur le plan éditorial, le développement des thèmes de société est une autre tendance de 2013. Pourquoi ce choix ?

Le public a un appétit de connaissance et d’explication qui déborde largement les sujets d’actualité chaude du jour. Nous consacrons de plus en plus de moyens et de temps aux thématiques sociétales, par exemple avec les thèmes du mois qui font l’objet de couvertures complètes utilisant tous les supports à notre disposition : texte, photo, vidéo et infographie dans des formats bien adaptés au web, aux mobiles et aux tablettes. Il faut que ces sujets soient visuels, racontent des histoires, soient globaux mais aussi régionaux, sur des thématiques qu’on considérait comme « froides », comme l’éducation ou la santé. L’Agence, de par ses implantations, son réseau multilingue, ses métiers, ses plateformes multi-supports, a vraiment une carte à jouer pour faire que ces thématiques soient couvertes de manière originale, rigoureuse et vivante. Nous allons accentuer cette tendance en 2014 dans les domaines du sport et de la culture. L’AFP a un devoir de pédagogie, de profondeur, d’explication, et il y a une demande pour cela. Plus on est abreuvé d’informations sur Twitter notamment, plus il y a un besoin d’organisation des contenus chez nos clients. Le rôle de l’agence de presse ne peut plus être simplement de fournir de l’information et d’aller vite. Nous sommes des fournisseurs de contenus mais aussi de plus en plus, des fournisseurs de services. C’est pour cela que nous sommes irremplaçables.

Dans quels domaines de l’information l’AFP compte-t-elle axer son développement en 2014 ?

Pour nous, 2013 a marqué une progression énorme dans le domaine de la vidéo, en nombre de sujets, en variété de productions et de retransmissions de directs. L’AFP-TV est maintenant présente sur tous les grands sujets d’actualité chaude à travers le monde, des Philippines au Brésil. 2013 aura été l’année de la montée en puissance du live. Dans ce domaine, nos différentes opérations de l’année se sont déroulées dans des contextes journalistiques et techniques très différents et riches en expériences : place Saint-Pierre pour le pape, à Qunu pour Mandela ou Caracas pour Chavez. Aujourd’hui, la vidéo doit continuer à progresser dans ce domaine mais également dans le sport et les sujets de société. Une agence de presse doit fonctionner dans l’immédiateté pour tous ses supports, tous ses métiers. C’est ce qu’on a commencé à faire et qu’il faut continuer à développer en 2014, y compris dans ce qu’on appelait le froid auparavant.

« Nous avons renforcé nos produits, notre offre et notre stratégie »

2013 a été une année de grands chantiers pour l’AFP. Quel est leur état d’avancement ?

Nous sortons d’une année de travail sur des dossiers déterminants pour l’avenir de l’Agence. En 2013, nous avons non seulement renforcé nos produits, notre offre et notre stratégie de développement mais aussi notre recherche de clients et notre relation avec l’Etat. Nous ne récolterons pas immédiatement tout ce que nous avons semé mais tout est en place pour que le contrat d’objectifs et de moyens 2014-2018 puisse être mis en oeuvre.

Sur quels axes repose la stratégie de développement de l’Agence ?

La stratégie repose sur une série d’axes de développement identifiés, de marchés à conquérir, en France et à l’international. L’Asie et l’Amérique du Sud ont été ciblées très en amont. Même chose pour les broadcasters : après les petits clients sur Internet, l’heure est venue de trouver des débouchés sur les chaînes de télévision. Notre stratégie de développement s’appuie en grande partie sur le renforcement de notre production vidéo, de notre offre sport et de nos services en langue arabe et en portugais.

La vidéo est-elle le vecteur de développement prioritaire de l’AFP ?

Notre chiffre d’affaires est tiré par la vidéo, qui affiche une progression de 20% dans le budget 2014. Le texte reste notre coeur de métier mais il perd du terrain sur la photo et surtout sur la vidéo. A la différence des autres grandes agences, nous développons ce service à l’intérieur même de notre rédaction avec nos propres équipes vidéo mais aussi avec la contribution de nos journalistes texte et photo sur le terrain qui peuvent également enregistrer des vidéos.

La nouvelle offre sport s’inscrit-elle dans cette politique de développement ?

Notre ambition est de devenir incontournables dans le secteur du sport. En cette année marquée par les JO de Sotchi et le Mondial de football au Brésil, nous souhaitons que le client dispose d’un univers sport bien identifié, qui lui permette de trouver les informations et les données associées dont il a besoin, et ce sur différents supports. Avec un fil sport dédié et des applications pour les seconds écrans, il s’agit de répondre à la demande des rédactions mais aussi d’une clientèle hors médias. Nous poursuivons en parallèle notre développement à l’international avec les fils sport en allemand et en langue arabe.

Sur le plan contractuel, comment évolue la relation de l’Agence avec l’Etat ?

Une nouvelle relation prend forme. A partir de 2014, elle sera double : au titre des missions d’intérêt général, nous aurons une relation financière qui déterminera le coût net de cette activité; d’un autre côté, une nouvelle relation commerciale va être instituée et aboutir à un contrat global. Nous sommes arrivés au bout de nos discussions avec l’Etat mais aussi avec Bruxelles, au titre du droit européen de la concurrence. Tout est en place pour qu’une décision soit rendue en 2014, nous y sommes prêts.

Dans un contexte de crise durable, l’AFP a-t-elle continué à investir en 2013 ?

Nous avons poursuivi nos investissements en avançant dans l’identification de nos besoins. L’Agence investit aussi dans la relation client pour améliorer la connaissance de nos usages par nos clients et le service rendu. Par ailleurs le projet de rénovation de l’immeuble arrive à son terme. Ces travaux sont très structurants pour l’entreprise et, accessoirement, permettront d’économiser près de 2 millions d’euros en année pleine.

Un grand chantier social a également été lancé à l’Agence. Pourquoi ?

Nous sommes partis du constat que 119 accords différents encadrent les relations sociales à l’AFP. Tout cela crée de l’insécurité juridique pour les salariés et pour l’entreprise. La négociation engagée vise à remettre de la transparence et de l’équité afin que chacun puisse se situer au sein de l’Agence et se projeter dans l’avenir. Cette discussion a aussi une utilité économique, nos charges ne pouvant augmenter plus vite que notre chiffre d’affaires.

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