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Quinze à vingt ans requis contre Jacques Viguier, accusé de meurtre

19/03 | 16h39 GMT

L'avocat général Marc Gaubert a requis vendredi 15 à 20 ans de prison contre Jacques Viguier, professeur de droit toulousain jugé en appel par la cour d'assises du Tarn pour le meurtre de son épouse Suzanne, mystérieusement disparue le 27 février 2000.

Jacques Viguier le 1er mars 2010 devant la cour d'assises du Tarn

ALBI (AFP) - Quinze à vingt ans d'emprisonnement ont été requis vendredi contre Jacques Viguier par l'avocat général Marc Gaubert lors de l'avant-dernière journée du procès en appel du professeur de droit toulousain, accusé du meurtre de sa femme disparue le 27 février 2000.

Dans son réquisitoire, l'avocat général a également dit aux jurés de prendre en considération le chef de coups et blessures involontaires provoquant la mort sans intention de tuer, ce qu'avaient plaidé les avocats des parties civiles soutenant l'accusation.

"Moi, j'accuse en raison d'un arrêt de renvoi qui accuse Jacques Viguier du chef d'homicide volontaire (...) Je maintiens mes réquisitions de 15 à 20 années, je n'ai pas d'éléments pour les coups et blessures involontaires ayant provoqué la mort sans intention de la donner", a-t-il déclaré.

"Si vous estimez qu'il n'a pas eu l'intention de donner la mort, la peine vous appartient", a-t-il ensuite dit aux jurés.

En avril 2009, l'avocat général, Marc Gaubert déjà, avait requis 15 à 20 ans de réclusion criminelle. Jacques Viguier avait finalement été acquitté par la cour d'assises de la Haute-Garonne.

"Homicide volontaire, involontaire ou coups et blessures, il n'y a que lui qui peut nous le dire", a insisté Marc Gaubert en faisant référence à l'accusé.

M. Viguier n'a pas réagi à l'énoncé du réquisitoire, prostré dans le box des accusés, entre ses deux avocats.

Vue d'un des dossiers de la défense, le 15 mars 2010, dans la salle d'audience de la cour d'assises du Tarn

L'avocat général a appelé les jurés à se méfier "des leurres" semés par la défense et a souligné qu'ils pouvaient condamner Jacques Viguier malgré "l'absence de cadavre, d'aveux ou de témoin qui l'a vu agir".

Il a écarté catégoriquement toutes les autres pistes, notamment celle menant à l'amant de Suzanne, Olivier Durandet. "Durandet assassin? Durandet, s'il devait tuer quelqu'un, c'est Jacques Viguier".

"C'est une dispute conjugale qui se termine malheureusement par un geste fatidique qu'il n'a pas voulu commettre", a estimé dans sa plaidoirie Me Guy Debuisson qui croit que Jacques Viguier, ne voulant pas divorcer, a "dégoupillé" quand son épouse lui a dit qu'elle avait pris rendez-vous le lendemain pour entamer une procédure de divorce.

Pour Francis Szpiner, l'autre avocat des soeurs de Susi, Jacques Viguier "ne supporte pas que sa femme le laisse". "Je ne pense pas qu'il ait tué volontairement Suzanne Viguier, (...) ce crime il ne l'a pas prémédité", a-t-il ajouté.

Pour lui, "il fait le choix de se débarrasser du corps et improvise, puis il commet un certain nombre d'erreurs". "Suzanne", dit-il en gesticulant, "est évidemment rentrée chez elle le dimanche 27 février 2000, elle ouvre la porte avec sa clé, puisque son sac sera retrouvé à l'intérieur avec le jeu de clés".

"Pourquoi serait-elle ressortie, en laissant son sac et sa clé; elle ressortira dans le coffre de la voiture de Jacques Viguier", où l'on retrouve un torchon avec des taches du sang de Suzanne et Jacques Viguier, selon l'hypothèse de Me Szpiner.

"Jacques est le seul qui a pu la faire disparaître (...), il y a rarement autant de charges contre un accusé", estime-t-il.

Au sujet des enfants, émouvants lors de leur témoignage jeudi, il cite Albert Camus: "Ils ont choisi leur père plus que la justice".

La veille, les avocats des enfants du couple Viguier et de la mère de Suzanne, également constitués partie civile mais sans appuyer l'accusation, avaient, sans en prononcer le mot, demandé l'acquittement.

Samedi, dernier jour du procès qui a commencé le 1er mars, Me Eric Dupond-Moretti, avocat de la défense, devait plaider. Puis le verdict sera annoncé au mieux dans l'après-midi.

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